La protection des données personnelles en Afrique doit être déployée de la même façon qu’en Europe et en Amérique du Nord, a affirmé jeudi à Rabat le président de la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP), Omar Seghrouchni.

S’exprimant lors de la première réunion du groupe de travail sur les identités relevant du Réseau africain des autorités de protection des données personnelles (RAPDP), M. Seghrouchni a souligné que le numérique peut servir de tremplin pour renforcer le développement d’un pays ou d’un continent et, dans ce sens, l’Afrique a l’ambition d’en tirer profit afin de promouvoir sa croissance et “ne plus se contenter d’être un marché”.

Au cours de cette rencontre tenue en coordination avec la CNDP sous le thème “la gestion des identités et de la protection des données à caractère personnel”, le responsable a déclaré à la MAP que cet événement est l’occasion pour plusieurs pays africains de se pencher sur la problématique de la protection des données et de mettre en place des cadres partagés entre les autorités africaines et étrangères.

“La problématique de la gestion des identités est transversale” a-t-il indiqué, expliquant qu’elle concerne différents usages avec pour objectif principal le déploiement des outils nécessaires en vue d’accompagner à bon escient le développement.

Évoquant l’exemple de son pays, le représentant du Cap-Vert et président de la Commission nationale pour la protection des données (CNPD) Monteiro Faustino Varela, a souligné l’importance de la gestion des identités de la protection des données à caractère personnel dans son pays, affirmant la création à cet effet en 2013 du système d’identification nationale.

Ce système vise à optimiser les procédures techniques et administratives, a promouvoir la compétitivité du Cap Vert et à mieux gérer les données, a-t-il expliqué, notant que cette plateforme est mise à la disposition de l’administration publique pour optimiser les services publics. Relevant que toutes les informations relatives aux données personnelles sont protégées, sécurisées et strictement confidentielles, le responsable capverdien a indiqué que le système en question est géré par un conseil d’administration dans le respecter du cadre juridique y afférent.

La représentante du conseil de l’Europe, Sophie Kwasny, a pour sa part mis l’accent sur l’identité numérique d’une personne, “constituée de données d’identification personnelle sous la forme d’un identifiant numérique, représentant de manière univoque une personne physique”. L’utilisation de ces données, a-t-elle dit, peut se faire au niveau du secteur privé, tel que le déverrouillage du smartphone, les applications de paiement mobile, les applications de la santé, mais aussi au niveau du secteur public, comme c’est le cas pour les divers registres nationaux et en matière d’inclusion sociale

A cet égard, Mme Kwasny a cité la convention 108 pour la protection des personnes à l’égard du traitement automatisé des données à caractère personnel, dont le Maroc est le 55ème État partie. Cette convention est le seul traité international qui garantit aux personnes le droit à la protection de leurs données personnelles de sorte à prévenir tout abus lors du traitement de telles données.

Aux termes de cette convention, les parties sont appelées à prendre les mesures nécessaires en droit interne pour en appliquer les principes afin d’assurer, sur leur territoire, le respect des droits fondamentaux de la personne.

 

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