Un total de 2.536 plaintes ont été traitées par le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) au cours de l’année 2020, dont 1.591 traitées par ses commissions régionales (CRDHs).

Dans le  deuxième axe de son rapport, consacré à la situation des droits de l’Homme au Maroc et l’impact de la pandémie de Covid-19 sur ces droits, le CNDH affirme qu’il a également effectué, avec ses antennes régionales, 45 visites dans les établissements pénitentiaires, les centres de protection de l’enfance et dans les centres de protection sociale.

Cette situation a été suivie par le Conseil, ses CRDHs et ses mécanismes nationaux, à travers le monitoring de la situation des droits humains et en intervenant dans les cas relevant de ses compétences, précise le rapport, présenté jeudi à Rabat.

Par ailleurs, le conseil s’est dit “conscient” que les mesures préventives dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire exigent la restriction d’un ensemble de droits et libertés fondamentales, notamment la liberté de circulation, la liberté de réunion, le droit de manifester et le droit de pratiquer la religion dans les lieux de culte.

Ces mesures, poursuit-il, ont limité également la garantie de jouissance des droits économiques, sociaux et culturels, de même que les droits de nombreuses catégories ont été affectés, en particulier les groupes vulnérables.

Selon le rapport, le CNDH a poursuivi ses missions, au milieu de cette situation exceptionnelle, en instaurant le travail à distance pour la majorité de ses fonctionnaires.

“La réception, le traitement des plaintes et le monitoring des questions relatives aux droits de l’Homme dans le contexte de lutte contre la pandémie de Covid-19 ont été assurés”, a tenu à préciser le rapport, ajoutant que le Conseil a informé, le 16 mars 2020, le public du numéro de téléphone et de l’adresse électronique dédiés aux plaintes et signalements, notamment la plate-forme électronique “chikaya”, comme alternative au dépôt direct des plaintes.

De même, le Conseil s’est penché, dans cet axe, sur trois catégories de droits, à savoir les droit thématiques (droit à la vie, à l’intégrité physique et à la Santé…), les droits des femmes et des filles et les droits catégoriels, notamment les droits des personnes âgées, les droits des personnes privées de liberté et les droits des migrants, des réfugiés et des demandeurs d’asile.

S’attardant sur le droit à la Santé, le CNDH a fait savoir que la pandémie a montré les dysfonctionnements majeurs dont souffre le secteur de santé et qui impactent la pleine jouissance du droit à un meilleur niveau de santé.

“On dénombre la faiblesse de l’infrastructure sanitaire et la pénurie de ressources humaines travaillant dans le secteur, due essentiellement à la faiblesse du budget alloué au secteur”, relève-t-on, soulignant le manque d’investissement dans la recherche scientifique, notamment dans le domaine médical.

“Si le Conseil note la gestion par les gouvernement des ressources, évitant à notre pays les pires scénarios, en revanche, il note que la crise sanitaire a eu des répercussions sur la jouissance du droit à la santé physique et mentale pour certaines catégories, en particulier les personnes souffrant de maladies chroniques, les femmes et les enfants”, enchaîne-t-on dans le rapport.

Quant à la liberté d’opinion, d’expression et d’information, notamment sur les plateformes numériques, le conseil estime que l’espace numérique, en tant que forum pour la libre expression (..), peut constituer un obstacle à l’exercice de la liberté d’opinion et d’expression et ce, en raison de l’implication d’autres intervenants et influenceurs dans le but de porter atteinte à la liberté d’expression et de contribuer à désinformer l’opinion publique et de la manipuler par les fakes news, et à cause de l’utilisation d’algorithmes et d’applications électroniques.

Ce rapport annuel comprend six axes passant en revue la situation des droits de l’Homme au Maroc en 2020, des recommandations spéciales relatives à la protection et à la promotion des droits pendant la gestion de la pandémie et des recommandations générales visant à développer la réalité des droits de l’Homme aux niveaux juridique et institutionnel et des politiques publiques et des pratiques.

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