Le taux de chômage a continué à grimper au Royaume-Uni sur les trois mois achevés fin octobre dans la foulée de la pandémie de coronavirus, à 4,9%, et les licenciements ont atteint un record sur la période.

Lors des trois mois terminés fin septembre, le taux de chômage se situait à 4,8%. A 4,9%, il est 1,2 point de pourcentage au-dessus de son niveau d’un an plus tôt quand il évoluait au plus bas depuis plus de 40 ans.

Malgré le système gouvernemental d’indemnisation du chômage partiel qui a maintenu l’emploi sous perfusion dans le pays depuis le début de la pandémie, les licenciements ont atteint un record à 370.000 au cours des trois mois achevés en octobre, précise l’Office national des statistiques (ONS).

Les premiers chiffres de novembre signalent que le nombre d’employés salariés a chuté de 2,7% sur un an. Par rapport à février soit avant le plein choc de la pandémie, le Royaume-Uni comptait 819.000 salariés de moins, selon ces données publiées par l’ONS mardi dans son rapport mensuel sur le marché du travail.

Parallèlement, le nombre de personnes bénéficiant du crédit universel, une indemnisation gouvernementale des bas revenus et chômeurs qui sert de mesure de la précarité, passait à 2,7 millions en novembre.

L’augmentation du chômage “suggère que le retrait progressif du mécanisme d’indemnisation du chômage partiel”, qui devait initialement se terminer fin octobre, “a continué à peser sur l’emploi”, remarque Ruth Gregory, économiste de Capital Economics.

La deuxième vague de coronavirus dans le pays et les mesures locales de confinement, notamment en Angleterre en novembre, ont amené le gouvernement à faire marche arrière et à prolonger ce système d’indemnisation jusqu’en mars.

Les pouvoirs publics vont donc continuer pendant cinq mois à prendre en charge à hauteur de 80% et jusqu’à 2.500 livres mensuelles (quelque 2.750 euros) les salaires des employés d’entreprises forcées de fermer à cause des mesures sanitaires de lutte contre la pandémie.

Malgré ce soutien gouvernemental, la pandémie aggrave la crise de plusieurs secteurs dont la distribution: deux fleurons des centres-villes britanniques, le groupe de prêt-à-porter Arcadia (maison mère de Topshop) et les grands magasins Debenhams ont récemment annoncé un dépôt de bilan et une liquidation respectivement, avec 25.000 emplois menacés.

L’ONS relève que la pandémie pourrait avoir modifié durablement les habitudes des ménages britanniques, avec plus d’épargne “de précaution” ce qui, “ajouté à une désertion progressive des commerces de rue” au bénéfice des commerces en ligne, “pourrait avoir aggravé l’impact négatif (du virus) sur l’emploi dans la distribution”.

Quant aux offres d’emploi, si elles ont continué entre septembre et novembre à retrouver des couleurs comparé à leur effondrement au printemps, leur niveau reste, à 547.000, inférieur de près d’un tiers comparé à la même période un an plus tôt, note l’ONS.

Avec le reconfinement de novembre en Angleterre et une grande partie du Royaume-Uni placée en alerte sanitaire très élevée comprenant la fermeture des salles de concert et de conférence, boîtes de nuit, salles de cours de sport collectifs, pubs et restaurants sauf pour la vente à emporter, l’activité reste déprimée en cette fin d’année.

“Beaucoup d’entreprises dans le secteur des services aux consommateurs vont s’effondrer” à cause du placement de leur région en zone trois – à risque sanitaire très élevé -, à l’instar de Londres qui retourne dans cette classification à partir de mercredi, remarquent les analystes de Pantheon Macro.

Ruth Gregory voit toutefois une embellie à l’horizon pour le marché du travail: “avec le déploiement des vaccins qui devrait doper la demande en 2021, nous pensons maintenant que le taux de chômage va grimper jusqu’à 7% et non à 9% comme précédemment estimé, et devrait être redescendu à 4% d’ici 2023”.

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