Le président chilien, Sebastián Piñera, a réaffirmé qu’il n’envisageait pas de démissionner de son poste et s’est dit disposé à négocier “tout”, y compris une éventuelle réforme de la Constitution.

“J’arriverai à la fin de mon mandat. J’ai été élu démocratiquement par une énorme majorité de Chiliens et j’ai un devoir et un engagement envers ceux qui m’ont élu et envers tous les Chiliens”, a dit le président chilien dans une interview accordée à la BBC.

“Nous sommes prêts à tout discuter, y compris une réforme de la Constitution”, a déclaré M. Piñera dans cet entretien au groupe britannique, le premier depuis le début de la crise sociale au Chili le 18 octobre dernier.

De même, il a promis que toute plainte pour violations des droits de l’homme commises par les forces de sécurité lors des manifestations de ces dernières semaines feront l’objet d’une enquête, tout en justifiant la proclamation de “l’état d’urgence” dans le pays, qualifié d’outil “démocratique et constitutionnel”, pour “rétablir l’ordre public et protéger” les citoyens.

Selon M. Piñera, “deux phénomènes d’une nature très différente” ont coïncidé au cours des deux dernières semaines. “Tout d’abord, et cela a été totalement inattendu, il y a eu une énorme vague de violence, une violence que certaines personnes ont menée de manière très organisée. Cette violence ne peut être tolérée, elle va à l’encontre de la loi”, a-t-il souligné, tout en reconnaissant comme “légitime” le droit des citoyens de “manifester, de protester” et de demander des changements.

En relation avec les dénonciations d’un usage excessif de la force par les forces de l’ordre, le président chilien a affirmé que toute plainte ferait l’objet d’une enquête par la justice.

“Bien sûr, il y a beaucoup de plaintes concernant un prétendu usage excessif de la force, voire des crimes. Je peux garantir que les dénonciations feront l’objet d’une enquête et que notre système judiciaire jugera l’affaire. Il n’y aura pas d’impunité”, a-t-il promis lors de cette entrevue avec la BBC.

Interrogé sur la chute de sa popularité dans les sondages d’opinion, le président a affirmé avoir “confiance car mon obligation en tant que président, et j’ai juré de remplir cette obligation, est d’améliorer la qualité de vie de nos citoyens”, faisant observer que les mesures prises par son gouvernement pour répondre aux demandes des manifestants, y compris des changements au sein de l’Exécutif, “ne constituaient pas simplement des retouches esthétiques”.

De même, il a rappelé que les problèmes affectant le Chili “se sont accumulés au cours des 30 dernières années” et bien qu’il ait assumé sa part de “responsabilité”, il a affirmé ne pas être “le seul responsable”.

M. Piñera a également mis en avant les grands changements que le Chili a connus depuis le rétablissement de la démocratie “de manière exemplaire”.

“Depuis lors, nous avons réussi à réduire la pauvreté de 65% à 8%. C’est une réussite, mais tout a changé il y a deux semaines et j’espère que c’est pour le mieux”, a conclu le président chilien.

Les manifestations qui ont débuté le 18 octobre pour protester contre une hausse de 30 pesos du prix des tickets de métro en heure de pointe, ont déjà fait une vingtaine de morts à travers le Chili.

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