Des milliers de Chiliens ont battu le pavé, à Santiago, pour revendiquer des réformes structurelles lors d’une journée marquée par une grève générale décrétée dans divers secteurs.

Cette manifestation de masse, qui a parcouru La Alameda, principale avenue de la capitale, fait suite à l’appel du Conseil de l’Unité sociale, un groupe de 115 associations syndicales, étudiantes, féministes, environnementales et corporations, représentant entre autres la construction, les ports, les banques, les commerces et les mines qui a convoqué une grève nationale progressive du lundi au mercredi.

Les manifestants ont arboré plusieurs banderoles et scandé divers revendications dont la principale demeure le rejet des “mesures correctives” et la demande de “réformes structurelles”, alors que la majorité d’entre eux ont qualifié d'”insuffisantes” les réformes annoncées jusqu’à présent par l’Exécutif.

Dans des déclarations aux médias, le président du Collège des enseignants, Mario Aguilar, a insisté sur la nécessité d’exiger de profonds changements.

“Le peuple chilien est fermement convaincu que des changements structurels doivent être apportés et non des changements mineurs”, a-t-il indiqué, rappelant les principales revendications syndicales dont l’augmentation du salaire minimum à 500.000 pesos chiliens (environ 625 dollars), un système de pensions équitables et l’amélioration de l’éducation publique.

Les organisations syndicales et sociales au Chili reprochent au gouvernement d’avoir rencontré les partis politiques pour signer un accord de paix, tout en excluant l’ensemble des acteurs sociaux et en ne donnant pas de réponses à leurs revendications adressées au Palais de La Moneda.

Les manifestants reprochent également au gouvernement sa volonté de faire revenir l’armée dans les rues “pour protéger des infrastructures sensibles”.

En début de journée, le président Sebastián Piñera, qui été accompagné des ministres de l’Intérieur, Gonzalo Blumel, et de la Défense, Alberto Espina, avait signé un projet de loi visant à permettre aux forces armées de collaborer à la protection des infrastructures stratégiques du pays, afin d’en renforcer la sécurité dans le sillage des manifestations sociales entachées par des actes de pillages et de destructions de biens.

Cette initiative législative, qui devra être débattue de toute urgence au Congrès, a pour objectifs de permettre aux forces armées de contribuer à la protection des infrastructures critiques, y compris des services publics essentiels tels que les systèmes d’alimentation en électricité et en eau potable, ou les infrastructures de sécurité, et de libérer ainsi les forces de police chargées de ces tâches afin qu’elles puissent patrouiller dans les rues et assurer l’ordre public.

Plusieurs manifestations ont été enregistrées dans divers villes du pays.

A Concepción, une ville côtière du sud du Chili, une marche a rassemblé des centaines de personnes en réponse à l’appel de grève générale.

Selon les médias, 1.200 travailleurs du secteur portuaire ont adhéré à ce débrayage dans la région du Bio Bio.

Le Chili connaît depuis le 18 octobre dernier une flambée sociale, axée notamment sur la demande d’un nouveau modèle socio-économique plus équitable, qui est entachée par des actes de violences, de pillages et de destructions de biens qui ont déjà fait au moins 23 morts et des milliers de blessés et de détenus.

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