Le président chilien, Sebastián Piñera, a annoncé jeudi une série de mesures visant à renforcer la sécurité et l’ordre publics dans le pays andin, qui enregistre depuis près de trois semaines une vague de manifestations entachées par de multiples actes de pillage et de détérioration de biens publics et privés.

“Cet agenda représente une contribution à même d’améliorer notre capacité à contrôler et à sauvegarder l’ordre public. Son approbation est urgente et nécessaire”, a déclaré M. Piñera d’un point de presse organisé au Palais de La Moneda, siège de l’Exécutif.

Le président a annoncé un programme en dix points comprenant notamment un projet de loi visant à renforcer la répression des actes de pillages, l’un des crimes les plus fréquents depuis le début du conflit social le 18 octobre dernier.

Il a également demandé la discussion immédiate au Congrès de la “loi anti personnes cagoulées”, une initiative qu’il avait présentée lors de son premier mandat (2010-2014) et qui punit plus sévèrement les individus qui se couvrent le visage et commettent des troubles et des actes portant atteinte à l’ordre public, ajoutant que le gouvernement proposera une autre initiative législative pour sanctionner les barricades dans les rues.

Plusieurs points de l’agenda de sécurité présenté par le président visent à améliorer et à renforcer les capacités de la police des investigations (PDI) et des Carabiniers du Chili, les deux forces de police opérant au Chili.

L’une des initiatives consiste à créer une équipe spéciale composée du bureau du procureur, de la police et de la PDI afin d’améliorer le travail de renseignement en matière de prévention du crime et de suivi des enquêtes.

De même, le président chilien a annoncé la mise en oeuvre d’un projet visant à moderniser le système de renseignement national, doubler la capacité de surveillance aérienne et faciliter le processus afin que les citoyens puissent signaler des événements violents et communiquer des informations utiles aux autorités.

Le président chilien a également annoncé qu’il avait convoqué jeudi après-midi une réunion du Conseil national de sécurité, organe consultatif composé des présidents du Sénat, de la Chambre des députés et de la Cour suprême, ainsi que des commandants en chef des forces armées et du directeur général des carabiniers.

Mercredi, des centaines de personnes, en majorité des jeunes, sont parvenues aux abords du centre commercial Costanera Center, le plus grand d’Amérique du Sud, pour protester contre les réformes sociales du gouvernement.

Bloqués par les forces de l’ordre, les manifestants se sont déployés en divers endroits du quartier de Providencia, entrée du secteur financier et des zones les plus aisées de la capitale chilienne.

Des affrontements avec la police ont eu lieu, une pharmacie et deux agences bancaires ont été pillées, et du mobilier urbain a été endommagé, selon les médias.

Dans la commune de Renca, un quartier populaire du nord de Santiago, une vingtaine de personnes ont attaqué un commissariat des carabiniers, blessant cinq membres des forces de l’ordre.

Les manifestations enclenchées le 18 octobre dernier suite à l’annonce d’une hausse de 30 pesos du prix du ticket de métro en heure de pointe, annulée par la suite, ont fait une vingtaine de morts.

Bouton retour en haut de la page
Fermer