le Bayern Munich, qui peut décrocher mardi son 8e titre de champion consécutif, s’appuie sur un cocktail de talent et d’expérience concocté par Hansi Flick, le nouveau et inattendu magicien du banc du touche.

S’il s’impose à Brême (20h30/18h30 GMT), le “Rekordmeister” sera couronné au soir de la 32e journée, pour la 30e fois de sa glorieuse histoire.

Il ne devait rester que quelques jours, le temps pour le club de trouver un nouvel entraîneur après le limogeage brutal de Niko Kovac début novembre. Sept mois plus tard, Hansi Flick est toujours là, avec un contrat jusqu’en 2023.

En quelques semaines, l’ancien adjoint de Joachim Löw en sélection allemande a refait de l’équipe une machine de guerre et gagné la confiance des dirigeants. Mais il a surtout gagné celle des cadres du vestiaire, et a eu l’intelligence de mettre en selle des joueurs qui n’apparaissaient pas en début de saison comme des pièces maîtresses de l’effectif.

Premier coup gagnant de Flick. Le prodige canadien de 19 ans, formé comme attaquant, a été repositionné arrière latéral gauche. “Il est pour nous une assurance vie, grâce à sa vitesse”, dit l’entraîneur, “défensivement il est solide, et offensivement il prend de plus en plus de responsabilités”.

Avant même de souffler ses 20 bougies, voilà ce fils de réfugiés du Libéria titulaire indiscutable dans l’un des plus grands clubs du monde. “On ne peut plus imaginer l’équipe sans lui”, a même dit le directeur sportif Hasan Salihamidzic.

Deuxième coup gagnant de Flick. Arrière latéral brillant depuis des années, ancien complice de Franck Ribéry sur le flanc gauche, Alaba a été replacé en défense centrale, pour suppléer les blessures de Niklas Süle et Lucas Hernandez.

Depuis, l’international autrichien de 27 ans a pris une nouvelle dimension, comme joueur mais aussi comme leader: “Il dirige l’équipe, donne des directives. Son évolution à ce poste est extraordinaire”, s’enthousiasme Flick, qui songe à le reconvertir définitivement dans l’axe.

Alaba et Davies ont relégué sur le banc le champion du monde Lucas Hernandez, “le remplaçant le plus cher du monde” (80 millions d’euros).

Evincé de l’équipe nationale l’an dernier, moins performant en club depuis quelques saisons, Thomas Müller paraissait à 30 ans un peu à bout de souffle. Il a ressuscité grâce à Flick. A trois journées de la fin du championnat, il a marqué sept buts et surtout délivré 20 passes décisives. Il a aussi retrouvé sa verve et son humour devant les caméras.

Son complice Jérôme Boateng, 31 ans, également éjecté de la sélection et en disgrâce la saison dernière, vit lui aussi une nouvelle jeunesse en défense centrale.

Confronté en milieu de terrain à une rude concurrence avec Corentin Tolisso, Thiago et Javi Martinez, voire la star brésilienne Coutinho, l’international allemand de 25 ans a relégué tout ce beau monde sur le banc.

Avec son complice Joshua Kimmich, ils sont devenus des piliers inamovibles de l’entrejeu du Bayern, Kimmich en sentinelle, et Goretzka en piston “box to box” (d’une surface à l’autre, NDLR).

Tous deux représentent l’avenir de l’équipe nationale, de même que leur complice Serge Gnabry, le virevoltant ailier auteur d’un retentissant quadruplé en Ligue des champions contre Tottenham (7-2) en octobre à Londres.

A 31 ans, le Polonais Robert Lewandowski joue sa meilleure saison. A trois matches de la fin, il a déjà égalé son précédent record personnel de 30 buts en Bundesliga. En Ligue des champions, il est également en tête du classement des buteurs (11 buts), en attendant la reprise de la compétition en août.

“Lewy” possède en outre une force unique parmi les cadres du Bayern. Lorsque l’équipe tangue, comme cet automne, il est le seul dont les performances ne déclinent jamais.

Après avoir eu des velléités de départ au Real Madrid ces dernières années, il a accepté de signer un nouveau contrat jusqu’à 2023. Et se prépare à finir à Munich sa carrière au plus haut niveau. Avec un nouveau titre mardi ?

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