L’Union européenne et le Royaume-Uni se lancent lundi dans la bataille de l’après-Brexit, pour définir les contours de leur relation future après 47 ans de mariage sans amour.

La Commission européenne a ainsi annoncé avoir émis une recommandation au Conseil de l’UE, qui représente les gouvernements des Etats membres, afin d’entamer les négociations avec le Royaume-Uni sur le partenariat post-Brexit.

C’est pendant la période de transition de 11 mois (jusqu’au 31 décembre 2020) que Britanniques et Européens devront définir les termes de leur partenariat post-Brexit. Cette période au cours de laquelle le Royaume-Uni sera toujours considéré comme membre du marché intérieur de l’UE et de l’union douanière et continuera d’appliquer les règles européennes sans pour autant siéger dans les organes institutionnels de l’Union, sera charnière pour permettre aux deux parties de trouver un accord sur leurs relations futures.

Toutefois, le calendrier s’annonce très serré d’autant plus que les dossiers sur lesquels les deux parties devront s’entendre sont épineux.

Si une extension de la période de transition est possible en cas de requête de Londres, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, répète à l’envi son refus de toute prolongation de cette période, affirmant qu’il est inenvisageable de laisser traîner une telle situation transitoire.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait pourtant prévenu que le calendrier de négociation de la relation post-Brexit entre l’Union européenne et le Royaume-Uni est “extrêmement ambitieux”, tout en tempérant que l’UE sera prête à “tirer le maximum de cette courte période”.

Michel Barnier, négociateur de l’UE pour le Brexit, qui a été chargé par les dirigeants européens de chapeauter les discussions avec Londres sur le partenariat post-Brexit, a pour sa part précisé que les deux parties disposent de “très peu de temps”, mettant en garde contre le risque d’une rupture brutale des échanges entre le Royaume-Uni et l’UE s’ils ne parviennent pas à s’entendre à la fin de la période de transition sur leur future relation.

Et c’est peu dire que les deux parties auront du pain sur la planche pour régler les modalités de leur future coopération.

La première priorité des négociateurs européens sera de s’entendre avec leurs homologues britanniques sur les termes d’un accord commercial aussi large que possible qui puisse fluidifier les échanges entre les deux futurs partenaires.

Ainsi, dans la déclaration politique définissant le cadre de leur future relation, Bruxelles et Londres expriment leur volonté de développer “un partenariat économique ambitieux, large et équilibré”, englobant “une zone de libre-échange ainsi qu’une coopération sectorielle plus large lorsqu’elle est dans l’intérêt mutuel des deux parties”.

Si les deux parties affirment vouloir garantir l’absence de droits de douane et de quotas “dans tous les secteurs” dans le cadre de cet accord, les dirigeants des Vingt-sept avaient insisté lors de leur dernier sommet à Bruxelles sur leur souhait d’établir avec le Royaume-Uni une “future relation aussi étroite que possible” qui soit “fondée sur un équilibre des droits et des obligations ainsi que sur des règles du jeu équitables” en matière de concurrence.

L’UE compte donc exiger des garanties dans les domaines de la concurrence, des aides d’Etat et des normes sociales, fiscales et environnementales en échange d’un large accès au marché européen.

Les deux parties devront, de même, parvenir à un nouvel accord de pêche, en particulier sur l’accès aux eaux et la répartition des quotas.

Le domaine sécuritaire sera également au cœur des négociations avec comme objectif de permettre à Bruxelles et Londres de maintenir des relations intenses pour assurer une lutte commune contre le terrorisme, la grande criminalité internationale, les cyberattaques, ou encore les campagnes de désinformation.

Dans ce sens, le Royaume-Uni avait exprimé son souhait de continuer son adhésion au Système d’information Schengen (SIS), à l’agence européenne de coopération policière Europol et judiciaire Eurojust et de participer au mandat d’arrêt européen.

D’autres questions prioritaires pour les deux futurs partenaires seront au menu des négociations comme la défense, l’éducation, le transport, ainsi que l’énergie.

Par ailleurs, même si le Brexit marquera la fin de la libre circulation des personnes, Bruxelles et Londres prévoiront l’exemption de visa pour les voyages de courte durée et devront étudier “la possibilité de faciliter le franchissement de leurs frontières respectives pour les voyages légitimes”.

De plus, les conditions d’entrée et de séjour à des fins de recherche, d’études, de formation et d’échanges de jeunes seront examinées lors des pourparlers.

Avant le début des discussions sur les relations post-Brexit entre l’UE et le Royaume-Uni, Michel Barnier présenterait lundi prochain un projet de mandat de négociation aux Etats membres. Le mandat européen devrait être approuvé au niveau ministériel avant fin février, afin de permettre le début des négociations autour du 1er mars.

Londres et Bruxelles auront donc un laps de temps très court et pas mal de questions délicates à régler afin de conclure leur divorce à l’amiable et entamer un nouveau chapitre de leurs relations, basé sur un partenariat étroit et équitable.

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