Le Parlement européen s’apprête à donner son feu vert au Brexit lors d’un vote final ce mercredi mais sans suspense, les observateurs s’attendant à ce que la plénière suive la recommandation des eurodéputés ayant voté en commission pour la ratification de l’accord en vue du retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE), le 31 janvier à minuit.

C’était sans surprise aussi, et « à contrecœur » pour la plupart, que les eurodéputés de la commission des affaires constitutionnelles avaient adopté jeudi dernier cette recommandation (23 voix pour, 3 contre et aucune abstention).

Ce vote intervenait au lendemain de l’approbation définitive par le Parlement britannique de l’accord âprement négocié entre Bruxelles et Londres, et peu de temps après sa promulgation par la reine Elizabeth II, qui clôturaient la procédure de ratification similaire mais beaucoup plus complexe du côté britannique. Le texte ayant été rejeté à plusieurs reprises à la Chambre des communes entraînant ainsi plusieurs reports du Brexit.

“Ce jour est un jour noir, un jour triste”, avait commenté Guy Verhofstadt, rapporteur de la recommandation et président du groupe de pilotage du Parlement européen sur le Brexit.

Pour l’eurodéputé belge, le choix qui était proposé à la commission n’était pas de voter oui ou non au Brexit, sans quoi il aurait voté non.

«Le choix qui nous est proposé est celui entre un Brexit ordonné ou un ‘no-deal’, un Brexit dur au 1er février, raison pour laquelle je vote oui”, avait-il expliqué, tout en se disant “persuadé qu’un jour nous verrons revenir les députés britanniques au Parlement européen”.

Un avis que partageait une large majorité d’eurodéputés qui se sont exprimés à cette occasion, à l’exception de ceux du groupe Identité et Démocratie (extrême droite) qui ont salué “un grand jour”.

L’accord de retrait du Royaume-Uni de l’UE avait été signé, vendredi dernier, par les présidents de la Commission européenne, Ursula von der Leyen et du Conseil européen, Charles Michel.

“Nous avons avec Ursula von der Leyen signé l’accord pour la sortie du Royaume-Uni. Les choses vont inévitablement changer mais notre amitié restera”, avait indiqué M. Michel sur Twitter.

“Nous entamons un nouveau chapitre en tant que partenaires et alliés”, a-t-il souligné, ajoutant qu’il a “hâte d’écrire ensemble cette nouvelle page”.

Après le vote final au Parlement européen, les diplomates des États membres de l’UE devront encore approuver par écrit l’accord, le 30 janvier, assurant ainsi le départ en bon ordre du Royaume-Uni le 31 janvier à minuit. Le pays cessera alors de faire partie de l’UE après 47 ans de mariage tumultueux.

Les Vingt-sept avaient donné leur feu vert à l’accord sur le Brexit le 17 octobre dernier, plus de trois ans après le référendum qui avait vu les partisans du “Leave” l’emporter avec près de 52% des voix.

L’accord qui règle dans les grandes lignes le divorce avec l’UE en garantissant notamment les droits des ressortissants et en résolvant le casse-tête de la frontière irlandaise, vise surtout à garantir un passage en douceur vers une relation future qui reste à déterminer.

Le texte prévoit, en effet, une période de transition jusqu’au 31 décembre 2020, pendant laquelle les Britanniques continueront d’appliquer les règles européennes et d’en bénéficier. Ils verseront leur contribution financière, mais sans siéger dans les institutions ni participer aux décisions. Cette période ne pourra être prolongée qu’une seule fois, jusqu’à fin 2022 au maximum.

Des négociations auront lieu pendant cette période sur la relation future entre les deux parties, portant essentiellement sur des questions commerciales et sécuritaires.

Anticipant cette nouvelle phase de pourparlers, le négociateur en chef de l’Union européenne, Michel Barnier, a mis en garde, cette semaine, contre le risque d’une rupture brutale des échanges entre le Royaume-Uni et l’UE s’ils ne parviennent pas à s’entendre à la fin de la période transitoire post-Brexit, sur leur future relation après le divorce.

Pour M. Barnier, les deux parties disposent de “très peu de temps” pour aboutir durant la période de transition, courant jusqu’à fin 2020, comme le souhaite le Premier ministre britannique Boris Johnson.

Il compte présenter lundi prochain un projet de mandat de négociation aux Etats membres, après l’accord de divorce qui règle les modalités de la séparation, en rappelant que “le niveau d’accès” au marché unique européen dont bénéficieront les biens britanniques sera “proportionnel” au degré d’alignement du Royaume-Uni sur les règles européennes, “en particulier les règles en matière d’aides d’Etat”.

En plus de leur relation commerciale, le Royaume-Uni et l’Union européenne devront s’entendre, sur la sécurité, l’énergie, la pêche et les transports. A défaut d’accord commercial, les relations économiques entre Bruxelles et Londres seraient régies par les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), bien moins avantageuses car elles fixent des droits de douane pour les marchandises.

Le mandat européen devrait être approuvé au niveau ministériel d’ici au 25 février permettant aux pourparlers de démarrer autour du 1er mars.

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