Le Royaume-Uni a démenti, jeudi, les accusations de Bruxelles selon lesquelles il aurait violé le traité de retrait de l’Union européenne en prenant des décisions unilatérales visant à faciliter les échanges commerciaux avec l’Irlande du Nord.

“Ce sont des mesures raisonnables et pratiques”, a déclaré le porte-parole officiel du Premier ministre Boris Johnson après l’annonce du gouvernement britannique de sa décision d’étendre la “période de grâce” sur les contrôles douaniers effectués sur les marchandises échangées entre le reste du Royaume-Uni et l’Irlande du Nord afin d’atténuer l’impact du Brexit sur cette province.

Cette “grâce”, qui concerne les produits agro-alimentaires acheminés par les chaînes de supermarchés de la Grande-Bretagne vers l’Irlande du Nord, doit expirer en principe à la fin du mois de mars, conformément au traité encadrant le Brexit conclu entre Londres et Bruxelles en janvier 2020.

“Ces types de mesures opérationnelles sont bien courants dans d’autres accords commerciaux internationaux, et sont tout à fait cohérents avec notre intention de remplir de bonne foi nos obligations au titre du Protocole” nord-irlandais, s’est défendu le porte parole de Downing Street devant la presse.

Il a par ailleurs exclu que l’UE et la République d’Irlande soient “aveuglées” par les mesures annoncées mercredi, qui font suite à des semaines de perturbation des échanges avec l’Irlande du Nord depuis le retrait définitif du Royaume-Uni du marché unique et de l’union douanière il y a deux mois.

Le pore-parole a également signalé que les deux parties ont été informées par cette décision “plus tôt cette semaine”, soulignant que le protocole nord-irlandais avait produit un “impact disproportionné” sur la province.

Il a insisté que Downing Street rejette les accusations selon “lesquelles le Royaume-Uni aurait trahi la confiance de l’UE”. “Nous n’accepterions pas cette qualification”, a-t-il affirmé.

Le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne le 31 décembre dernier au terme d’un long processus de divorce. Le protocole nord-irlandais conclu dans le cadre de l’accord sur le Brexit et destiné à préserver la paix au sein de l’Ile d’Irlande, a introduit des contrôles sur les marchandises entrant en Irlande du Nord depuis la Grande-Bretagne.

La prolongation par Londres de la “période de grâce” de manière unilatérale a suscité l’indignation de l’Union européenne, qui l’accuse d’avoir enfreint la confiance. Le Royaume Uni estime toutefois qu’il s’agit d’une décision temporaire visant à faciliter l’adaptation des entreprises aux nouvelles procédures commerciales introduites après le Brexit.

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