La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a insisté mercredi qu’il est “impossible” de modifier unilatéralement l’accord du Brexit, conclu en janvier dernier par Bruxelles et Londres.

“L’accord de retrait a été ratifié par le Parlement européen et par la Chambre des communes britannique. Il est impossible de le modifier unilatéralement, de l’ignorer ou de cesser d’en appliquer les dispositions. C’est une question de droit, de confiance et de bonne foi”, a souligné Mme von der Leyen dans son premier discours, depuis son investiture, sur l’état de l’Union 2020 qu’elle a prononcé devant les députés européens en session plénière à Bruxelles

Ces déclarations font suite au projet de loi britannique revenant en partie sur les engagements pris par Londres dans l’accord de retrait, en particulier en ce qui concerne le protocole destiné à éviter le retour d’une frontière entre l’Irlande et l’Irlande du Nord.

“L’UE et le Royaume-Uni ont convenu que cet accord est le meilleur et le seul moyen d’assurer la paix sur l’île d’Irlande. Et nous ne reviendrons jamais là-dessus”, a affirmé la présidente de l’exécutif européen.

“Les négociations sur cet accord ont duré trois ans et nous y avons travaillé sans relâche”, a rappelé Mme von der Leyen, soulignant que ledit accord de retrait “préserve les droits de nos citoyens, les intérêts financiers, l’intégrité du marché unique – et surtout l’accord du Vendredi saint”.

Elle a évoqué, dans ce sens, des propos de l’ancienne Première ministre britannique Margaret Tatcher selon lesquels, “le Royaume-Uni ne viole pas les traités. Ce serait mauvais pour la Grande-Bretagne, mauvais pour les relations avec le reste du monde et mauvais pour tout futur traité commercial”.

“Ce qui était vrai à l’époque l’est toujours aujourd’hui. La confiance est le fondement de tout partenariat solide”, a ajouté Mme von der Leyen.

S’agissant des négociations post-Brexit, la présidente de la Commission européenne, a relevé que “chaque jour qui passe voit vraiment faiblir les chances de conclure un accord à temps”.

“Les négociations n’ont pas progressé comme nous l’aurions souhaité. Il nous reste désormais très peu de temps” avant le 31 décembre 2020 qui marquera la fin de la période de transition, censée permettre à Londres et Bruxelles de parvenir à un accord sur leur relation future, notamment dans le domaine commercial, a-t-elle averti.

Le Royaume-Uni a formellement quitté l’UE le 31 janvier, près de quatre ans après un référendum historique marquant la fin de 47 ans de mariage sans amour. Le pays reste toutefois régi par la réglementation européenne jusqu’à fin décembre, tandis que les deux parties tentent de conclure un accord de libre-échange.

En l’absence d’un compromis avant le 31 décembre, seules les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) s’appliqueraient aux relations commerciales entre les deux partenaires.

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