L’Irlande a averti, jeudi, que l’Union européenne pourrait ne pas ratifier un éventuel accord commercial post-Brexit avec le Royaume-Uni si le gouvernement britannique insiste sur sa décision de revoir certaines dispositions dans l’accord encadrant sa sortie du groupement.

“A mon avis, même si nous arrivons à un accord sur la relation future, s’il y a une menace que (le Royaume-Uni) légifère pour saper l’accord de retrait et violer la loi internationale, je ne crois pas qu’un accord sera ratifié”, a déclaré devant le Parlement le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney.

“Pourquoi l’UE ratifierait-elle un nouvel accord avec un pays qui menace de rompre un accord qui remonte à moins de 12 mois?” s’est-il interrogé, mettant en garde contre l’impact de cette décision sur les pourparlers en cours.

Les négociations entre le Royaume-Uni et l’UE sur leur future relation post-Brexit ont été envenimées au début du mois par un projet de loi présenté par le gouvernement britannique revenant sur certaines modalités de l’accord de Brexit conclu l’an dernier, en particulier en ce qui concerne la province britannique d’Irlande du Nord.

Ce projet bénéfice déjà d’approbation initiale des députés à la Chambre des communes, mais il doit être également approuvé par la Chambre des Lords, qui affiche son désaccord avec “cette violation” assumée du droit international et dit craindre un coup porté à la crédibilité du Royaume-Uni sur la scène internationale.

Ce texte a suscité l’indignation des dirigeants européens parce qu’il “contredit”, selon eux, les dispositions spéciales prises pour la province britannique visant à éviter le rétablissement d’une frontière physique entre la République d’Irlande, membre de l’UE, et la province britannique conformément à l’accord de paix de 1998 qui y a mis fin à trois décennies sanglantes.

Le gouvernement britannique a toutefois assuré que son projet ne “menace pas la paix” dans l’île d’Irlande, mais vise surtout à “préserver l’unité territoriale” du Royaume Uni et à protéger “son marché intérieur”.

Le Royaume-Uni a formellement quitté l’UE le 31 janvier, près de quatre ans après un référendum historique marquant la fin de 47 ans de mariage sans amour. Le pays reste toutefois régi par la réglementation européenne jusqu’à fin décembre, tandis que les deux parties tentent de conclure un accord de libre-échange.

En l’absence d’un compromis avant le 31 décembre, seules les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) s’appliqueraient aux relations commerciales entre les deux partenaires.

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