Brasilia, 27/05/2019 (MAP), Près de 156 villes brésiliennes ont connu, dimanche, des manifestations en soutien au gouvernement de droite du président Jair Bolsonaro.

Lors de ces manifestations organisées sur tout le territoire du Brésil, les participants ont défendu, entre autres, le bien-fondé des propositions gouvernementales, dont la réforme du système des retraites et le paquet de lois anti-crime proposé par le ministre de la Justice, Sergio Moro.

De Brasilia à Sao Paulo, en passant par Rio de Janeiro, cette mobilisation se voulait être une manifestation de force du gouvernement en réponse aux actes de protestation qu’a connus le pays le 15 mai dernier contre le gel de 30% des budgets des universités fédérales et établissements d’enseignement public.

Arborant des drapeaux du Brésil et de jaune et vert vêtus, les manifestants ont arboré des pancartes et des banderoles où l’on pouvait lire “Nous sommes tous Bolsonaro”, “Présents pour défendre notre pays”, ou encore “Mito, Mito, Mito” (Mythe), du surnom attribué à Jair Bolsonaro par ses soutiens.

Des poupées gonflables géantes à l’effigie de l’ex président Luiz Inácio Lula da Silva, qui purge une peine de prison pour corruption à Curitiba (sud), et de Sergio Moro en superman, ont également fait leur apparition dans plusieurs villes où des manifestations ont eu lieu.

La ville de Rio de Janeiro, berceau politique de M. Bolsonaro, a présenté l’une des taux de participation les plus élevés depuis les premières heures de la matinée.

Le président Bolsonaro, qui se trouvait à Rio ce week-end pour le mariage d’un de ses fils, avait dans un premier temps envisagé de participer à la manifestation de Copacabana, mais a finalement renoncé en recommandant à ses conseillers de faire de même.

Bien qu’absent des rues, le président Bolsonaro n’a pas manqué d’afficher son soutien tout le long de la journée à coup de partages sur les réseaux sociaux de vidéos et de déclarations concernant cette manifestation.

Alors qu’il assistait, dimanche matin, à un service religieux à Rio de Janeiro, le président Jair Bolsonaro a déclaré que les manifestations pro-gouvernementales étaient un “message” adressé à ceux qui “suivaient obstinément les anciennes pratiques”, en affirmant que la manifestation était “spontanée”, que son ordre du jour était clair et que les lois et les institutions étaient respectées.

Puis, le chef d’Etat a affirmé sur son compte Twitter que la plupart des manifestants ayant participé à des actes en faveur de son gouvernement sont descendus dans les rues avec des “revendications légitimes et démocratiques”.

“Il y a quelques jours, j’avais clairement dit que celui qui demanderait la fermeture du Congrès ou de la Cour suprême serait dans la mauvaise manifestation. La population l’a montré et la majorité des gens sont descendus dans la rue avec des revendications légitimes et démocratiques”, a-t-il souligné.

Puis à son retour dimanche soir à Brasilia, M. Bolsonaro a déclaré que “les images valent mieux que mille mots”, allusion faite à la grande mobilisation des Brésiliens en faveur de son gouvernement.

De l’avis de plusieurs politologues, les manifestations de dimanche peuvent être perçues comme “un vote de confiance” des électeurs et sympathisants au président Bolsonaro et à son gouvernement, après cinq mois de “controverses et de malentendus”.

Selon les médias, le taux de participation enregistré lors de ces manifestations a dépassé les attentes des alliés du gouvernement, qui craignaient que cet acte n’aboutisse pas en raison de l’usure de la popularité de M. Bolsonaro au cours des premiers mois de son mandat, qui a débuté en janvier.

En général, la mobilisation de dimanche n’était pas très différente de la manifestation du 15 mai dernier, ont estimé des journaux, selon lesquels “la mobilisation n’était massive que dans certaines régions du Sud-Est et du Sud, considérées comme le fief politique de M. Bolsonaro et de la droite brésilienne”.

Le centrão (groupe informel comprenant environ 200 députés de partis tels que Parti populaire (PP) et les Démocrates) a été vilipendé par les manifestations pro-réforme, en raison de leur actions “visant à mettre en péril” les propositions de réforme du gouvernement.

Le chef de la chambre des députés, Rodrigo Maia, a également eu sa part de critiques lors de ces manifestations, en raison de la décision de la chambre basse du Congrès de transférer le contrôle du Conseil de contrôle des activités financières (Coaf), une entité importante dans la lutte contre la corruption et les malversations, du portefeuille de la justice géré par M. Moro au ministère de l’Économie.

Selon le dernier sondage de l’institut Datafolha, datant de début avril, 30 % des personnes interrogées avaient qualifié de “mauvais ou très mauvais” le gouvernement de M. Bolsonaro.

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