Longtemps dominé par la gent masculine, l’arbitrage marocain de basketball a commencé, quoique timidement, à voir émerger une génération d’arbitres femmes qui ont honoré la balle orange nationale dans les différents rendez-vous continentaux et internationaux. Chahinaz Boussetta fut ainsi la première femme marocaine à bousculer cette hiérarchie et se frayer un chemin vers le firmament de l’arbitrage continental.

Dès son jeune âge, Chahinaz, née en 1969, s’est distinguée en tant que joueuse de basketball lors des tournois scolaires, où elle a été repérée pour son talent hors pair. Cette professeure d’éducation physique à Tétouan trouvait ainsi un grand plaisir à affûter ses armes lors des compétitions scolaires qu’elle officiait.

« Quand j’étais à l’école, je prenais part aux différentes compétitions scolaires, et c’était à cette époque que j’arbitrais des matches de basketball», a-t-elle affirmé.

Après avoir commencé à diriger, dans un premier temps, les matches des catégories minimes en tant qu’officiel de table, elle a gravi, petit à petit, les échelons pour officier les matches de première division du championnat national de basketball.

« J’ai commencé ma carrière en tant que basketteuse. J’ai joué, tout d’abord, pour l’Union sportive de Fès et le Moghreb de Fès dans les disciplines de basketball et de volleyball, avant de rejoindre l’Ittihad de Tanger », a-t-elle confié à la MAP.

Issue d’une famille sportive – son frère est lui aussi professeur d’éducation physique -, Chahinaz affirme avoir bénéficié, au début de sa carrière, d’un grand soutien de la part de ses parents, d’autant plus que ce métier nécessite des déplacements récurrents au Maroc et à l’étranger.

« Mes débuts en tant qu’arbitre n’ont pas été de tout repos, dans la mesure où les hommes considéraient ce domaine comme leur chasse gardée”, poursuit-elle, notant que “la persévérance, le travail et l’abnégation m’ont permis de relever tous les défis et d’inscrire mon nom parmi les pionnières de l’arbitrage féminin au Maroc, à côté de l’arbitre internationale Nezha Hanafi ».

Chahinaz avait pourtant l’obligation de choisir entre une carrière de joueuse et celle d’arbitre. Le maillot gris l’a séduit en fin de compte et elle a persévéré pour atteindre les sommités de l’arbitrage africain et international.

« Quand j’ai commencé l’arbitrage, j’étais la seule femme arbitre de basketball au Maroc à l’époque. L’initiative est à mettre ainsi à l’actif de la ligue du nord, dont les responsables n’ont pas lésiné sur les moyens afin de m’encourager à poursuivre cette belle aventure », se rappelle-t-elle.

Chemin faisant, Chahinaz a pris part à plusieurs examens et sessions de formation dans le domaine de l’arbitrage, au niveau de la ligue du nord, avant de devenir arbitre internationale en 1990 à Abidjan.

Sur la scène internationale, elle compte à son palmarès une participation en 1999 au championnat d’Afrique de basketball, comptant pour les jeux africains, tenus à Johannesburg, en Afrique du Sud. Elle a été choisie par la suite parmi le corps arbitral du championnat du monde juniors en République tchèque en 2001, ainsi que pour diriger des matches de qualification des sélections africaines.

Elle se targue également d’avoir arbitré six championnats d’Afrique de basket (Afrobasket) chez les dames, où elle avait dirigé la finale à 5 reprises. A côté de cela, elle était présente à plusieurs éditions de la coupe des clubs champions d’Afrique.

« En 2015, j’ai été choisie comme arbitre lors de l’Afrobasket organisé au Cameroun, où des responsables FIBA étaient présents pour dénicher les arbitres qui représenteront l’Afrique aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro au Brésil en 2016.

« Ma désignation pour officier aux JO-2016 est un souvenir qui restera gravé dans ma mémoire. J’ai officié 5 matches lors des JO-2016. C’est un honneur pour l’arbitrage marocain », a-t-elle affirmé.

« Mon souci était toujours de bien représenter l’arbitrage marocain et démontrer que la femme n’a rien à envier à l’homme, notamment dans le domaine sportif », se félicite-t-elle.

Après cette longue expérience, Mme Boussetta est aujourd’hui titulaire du diplôme d’arbitre instructeur Fiba (Fédération internationale de basketball), qu’elle a décroché en Côte d’Ivoire en novembre 2019 et siège au sein de la commission d’arbitrage de la FRMBB (Fédération royale marocaine de basketball) en tant que formatrice.

S’agissant de la reprise du championnat national de basketball, Mme Boussetta, s’est dite « extrêmement soulagée » par cette décision.

« Cela met vraiment du baume au cœur, d’autant plus que cette initiative est à même de redorer le blason du basketball national qui a signé de piètres prestations récemment, en raison de l’arrêt du championnat national », a-t-elle commenté.

Cet arrêt a également impacté les arbitres nationaux qui se sont vus privés de compétitions, deux ans durant, a-t-elle enchaîné, formulant le vœu de voir la balle orange nationale reprendre du poil de la bête afin de retrouver sa place sur l’échiquier africain et international.

Cette saison, la FRMBB a décidé de faire appel à d’anciens arbitres qui ont déjà atteint l’âge limite afin de bénéficier de leur expérience.

« Je ne peux que répondre favorablement à cet appel afin de contribuer à l’essor du basketball national », a-t-elle encore dit.

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