Le Mouvement vers le socialisme (MAS), au pouvoir en Bolivie, a perdu les quatre principales villes du pays lors des élections municipales et régionales de dimanche, selon deux chaînes de télévision privées.

Le MAS, parti du président bolivien Luis Arce et de son mentor Evo Morales, président de 2006 à 2019, a perdu face à l’opposition de droite et du centre dans la capitale La Paz, dans la ville voisine d’El Alto, à Cochabamba, dans le centre, et à Santa Cruz, dans l’est, selon des sondages à la sortie des bureaux de vote effectués pour les chaînes de télévision Unitel et Red Uno.

L’élection des maires a lieu en Bolivie en un seul tour à la majorité simple.

Dans le reste du pays, le MAS a seulement remporté la ville de Sucre, dans le sud-est, et les résultats des municipales dans quatre autres villes n’étaient pas connus immédiatement.

Contrairement aux municipales, les élections des gouverneurs se déroulent sur deux tours si aucun candidat n’a obtenu 50% des voix plus une au premier tour.

Lors de ces élections qui avaient également lieu dimanche, le MAS a seulement gagné le département de Cochabamba et a perdu celui de Santa Cruz, selon les enquêtes des télévisions.

Les sondages prévoient un second tour dans les autres départements: La Paz, Oruro (ouest), Potosi (sud-ouest), Tarija (sud), Chuquisaca (sud-est), Beni (nord-est) et Pando (nord).

Les résultats officiels seront publiés par le Tribunal suprême électoral (TSE) dans huit à dix jours.

Environ 7,1 millions de Boliviens étaient convoqués dimanche – le vote est obligatoire – pour élire neuf gouverneurs, 336 maires, les assemblées régionales et les conseils municipaux.

Les électeurs sont allés voter dans différentes tranches horaires suivant le numéro de leur carte d’identité, afin de respecter la distanciation sociale imposée en raison de la pandémie. La Bolivie a recensé en un an 253.950 cas de contamination au Covid-19 dont 11.807 décès.

Luis Arce, soutenu par l’ancien chef de l’Etat Evo Morales, a remporté l’élection présidentielle d’octobre 2020 avec 55% des voix.

Il avait appelé dimanche matin les électeurs à confirmer ce résultat. “Après avoir rétabli la démocratie en 2020, nous devons aujourd’hui élire nos représentants dans les territoires”, avait-il écrit sur Twitter.

La journée a été marquée par un nouvel incident entre le MAS et l’Organisation des Etats américains (OEA), dont une équipe d’observateurs était présente pour ces élections.

M. Arce a refusé pour cette raison de se rendre à une cérémonie du Tribunal suprême électoral à laquelle il était invité.

“Tant que l’OEA est là, nous ne nous rendrons à aucune invitation de l’institution électorale”, a déclaré M. Arce. S’adressant aux journalistes, il a ajouté: “Vous savez le rôle néfaste qu’à joué l’OEA lors des élections de 2019”.

Le MAS accuse l’OEA d’avoir contribué à ce qu’il considère comme un coup d’Etat contre Evo Morales en 2019, alors au pouvoir depuis 2006 et candidat à un nouveau mandat à l’élection présidentielle.

M. Morales avait été déclaré vainqueur, mais l’opposition, soutenue par l’OEA, avait affirmé que le résultat était entaché de fraude.

Après une vague de manifestations et de violences, M. Morales, lâché par la police et par l’armée, avait démissionné.

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