Le principal parti d’opposition en Birmanie, aligné sur l’armée, a rejeté mercredi les résultats “injustes” de l’élection parlementaire de dimanche et appelé à un nouveau scrutin, ce que les autorités ont immédiatement refusé.

Les résultats définitifs de l’élection n’ont pas encore été annoncés mais le parti au pouvoir d’Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la Démocratie (LND), a déjà revendiqué “une victoire écrasante”.

Il s’agissait des secondes élections générales depuis 2011, année de la dissolution de la junte au pouvoir pendant un demi-siècle.

Les observateurs ont estimé que le vote s’était bien déroulé, mais ont critiqué le manque de transparence, la privation du droit de vote d’un grand nombre de personnes, et les restrictions dues au coronavirus, des facteurs dont a bénéficié le LND.

Mais le principal parti d’opposition, le Parti de la solidarité et du développement de l’Union (PSDU), aligné sur l’armée, est allé plus loin.

“Nous rejetons l’élection car elle était injuste”, a déclaré son porte-parole Win Win Aung, affirmant qu’un grand nombre de personnes inéligibles avaient voté.

“Nous appelons la commission électorale à tenir une nouvelle élection disciplinée en coopération avec l’armée, le plus tôt possible”, a-t-il ajouté.

Quelques dizaines de protestataires se sont rassemblés lors d’une conférence de presse tenue par la commission électorale dans la capitale Naypyidaw, réclamant de nouvelles élections “libres et justes”.

“Cette élection était transparente”, a cependant assuré le porte-parole de la commission, Myint Naing. “Nous n’avions pas de parti pris (..) elle s’est déroulée de façon juste, dans le cadre de la loi”.

En dépit de “certaines disparités, c’était paisible et harmonieux”, a estimé Sai Ye Kyaw Swar Myint, chef du plus important groupe d’observateurs locaux indépendants, PACE. “Les problèmes sont apparus après l’élection”.

Des milliers de partisans du parti au pouvoir sont descendus dans les rues chaque soir depuis l’élection pour célébrer leur victoire, malgré le confinement en vigueur.

En 2015, la LND avait obtenu une large majorité. Mais elle avait été forcée à un délicat partage du pouvoir avec l’armée qui contrôle trois ministères clés (l’Intérieur, la Défense et les Frontières) et 25% des sièges au Parlement.

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