Les socialistes francophones (PS) et les nationalistes flamands (N-VA), premières forces politiques de Belgique, sont appelés à dépasser leurs divergences pour la formation du très attendu nouveau gouvernement fédéral issu du scrutin du 26 mai.

Telle est la conclusion des deux informateurs royaux, le libéral Didier Reynders et le socialiste Johan Vande Lanotte, qui ont remis lundi au Roi Philippe leur rapport final de quatre mois de consultations avec différents partis politiques, ponctuées de cinq prolongations de leur mission en raison de divergences.

“A nos yeux, il faut maintenant que les deux principales formations politiques dans leur Communauté -le PS et la N-VA- puissent déterminer entre elles s’il est possible de trouver une base suffisante pour former un gouvernement”, a souligné M. Reynders qui dévoilait devant la presse les grandes lignes du rapport.

A l’issue de leur mission, les deux informateurs se disent convaincus qu’un terrain d’entente est encore possible entre le PS et la N-VA. Ils ont souligné la nécessité de créer de la “confiance” entre les deux partis que tout sépare depuis cinq ans en les invitant à travailler “intensivement” et “très concrètement” pour établir les convergences, tout en gardant le contact avec les quatre autres partis encore en lice : le MR, le CD&V, l’Open Vld et le sp.a.

Ils ont identifié certaines thématiques prioritaires (climat, budget, migration, etc.) pour une éventuelle “convergence” politique.

“Tout est jouable. Une fois qu’un premier pas est franchi, le suivant peut suivre rapidement”, a conclu M. Vande Lanotte.

Le Roi des Belges a mis fin lundi à la mission des deux informateurs en affirmant tenir sa décision “en suspens” quant à la poursuite de la formation gouvernementale.

Les médias belges s’attendent à ce que le Souverain désigne un socialiste francophone et un nationaliste flamand pour poursuivre le travail. Ils avancent déjà les noms des anciens ministres-présidents Rudy Demotte et Geert Bourgeois pour mener cette mission. Le Roi Philippe avait chargé, le 30 mai dernier, MM. Reynders et Vande Lanotte “d’une mission d’information visant à identifier les défis à relever par notre pays, et les possibilités ainsi que les conditions nécessaires en vue de former un gouvernement fédéral”.

Les informateurs avaient depuis tenu de nombreuses consultations en vue de la formation d’une nouvelle majorité fédérale issue du scrutin du 26 mai, mais qui butaient jusqu’ici sur des divergences.

En septembre, les informateurs royaux avaient indiqué que les négociations en vue de la formation d’un nouveau gouvernement fédéral belge entamaient une nouvelle phase sans les écologistes, en promettant de présenter un rapport final des tractations “au plus tard début octobre”.

Didier Reynders et Johan Vande Lanotte avaient été alors chargés par le Roi des Belges de “dégager des points de convergence” permettant d’entamer cette formation avec six partis, à savoir parti socialiste (PS) francophone, le parti nationaliste flamand (N-VA), le Mouvement réformateur (MR), les Libéraux-démocrates flamands – Open Vld, les Chrétiens-démocrates flamands – CD&V, et le parti socialiste flamand -sp.a.

La Belgique se retrouve dans l’urgence de se doter d’un gouvernement majoritaire afin de gérer au cours des prochains mois des dossiers épineux comme l’élaboration du budget, les réformes sociales et économiques, le changement climatique ou encore l’après-Brexit.

Outre les divergences entre partis politiques, la situation du gouvernement se trouve également compliquée par la nomination du Premier ministre en affaires courantes, Charles Michel au poste de Président du Conseil Européen, fonction qu’il devrait rejoindre au plus tard en novembre prochain.

L’informateur Didier Reynders, qui est aussi l’actuel ministre belge des Affaires étrangères, est lui-même désigné commissaire européen.

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