La crise politique perdure en Belgique qui en est à sa 3-ème mission d’information, en plus d’une autre non aboutie de préformation, en vue de la formation d’un nouveau gouvernement fédéral issu du scrutin du 26 mai dernier.

Au lendemain de la démission de son dernier informateur, le socialiste Paul Magnette (PS) qui n’a pas réussi, à l’instar de ses prédécesseurs, à rapprocher les positions des partis engagés dans les négociations, le Roi Philippe a dû confier la mission à deux autres personnalités.

Il s’agit du libéral Georges-Louis Bouchez (MR) et du centriste Joachim Coens (CD&V), tous deux fraîchement élus à la tête de leurs partis respectifs.

MM. Bouchez et Coens, reçus en audience mardi soir, ont « accepté cette mission » et « feront rapport au Roi le 20 décembre”, selon un communiqué du Palais royal.

Le Roi Philippe de Belgique avait entamé lundi de nouvelles consultations en vue de la formation d’un gouvernement fédéral, après avoir reçu en audience l’informateur Paul Magnette, qui a demandé à être déchargé de sa mission.

Ce dernier avait été nommé le 5 novembre dernier comme “informateur” pour explorer les pistes à même de conduire à la formation d’un nouveau gouvernement fédéral.

Alors que le président du PS privilégiait un scénario d’une coalition arc-en-ciel (socialistes, libéraux, écologistes), sans les nationalistes flamands de la N-VA, à l’origine de l’éclatement de la précédente coalition, le nouveau duo a assuré vouloir explorer “toutes les pistes” pour une nouvelle coalition.

Leur prédécesseur avait consulté dix formations politiques : Les deux partis socialistes (PS, SP.A), libéraux (MR, Open VLD), écologistes (Écolo, Groen), centristes (CDH, CD&V), plus la N-VA et Défi, sans pour autant réussir à rapprocher les positions divergentes des différents partis.

Et pourtant, il faisait preuve d’optimiste au début de sa mission, évoquant des points de convergence entre les partis sur plusieurs thématiques prioritaires, à savoir l’amélioration du taux d’emploi, la transition climatique, la cohésion sociale et la lutte contre la pauvreté, la justice et la sécurité, ainsi que la politique migratoire.

Après l’échec de la piste d’un gouvernement associant le socialistes francophones (PS) et les nationalistes flamands de la N-VA, M. Magnette a notamment concentré ses efforts sur la possibilité de mettre en place une coalition arc-en-ciel (avec les socialistes, libéraux et écologistes, plus le CD&V). Toutefois, les négociations pour le formation d’une telle coalition s’est heurtée à la réticence des partis flamands “Open VLD” et “CD&V”, minoritaires dans le groupe linguistique néerlandophone, à l’idée de participer à un gouvernement fédéral sans la N-VA, leur partenaire dans le gouvernement régional et premier parti dans le Nord du pays.

La nomination le 5 novembre dernier de Paul Magnette en tant qu'”informateur” marquait un retour du processus de recherche d’une majorité pour le prochain gouvernement fédéral au stade d’information après avoir été au stade, plus avancé, de la préformation, mission assurée depuis le 8 octobre par le socialiste francophone Rudy Demotte (PS) et le nationaliste flamand Geert Bourgeois (N-VA).

Le duo avait, lui-même, succédé aux deux informateurs royaux, le libéral francophone Didier Reynders (MR) et le socialiste flamand Johan Vande Lanotte (sp.a), après que ces derniers eurent remis leur rapport final de quatre mois de consultations avec différents partis politiques, ponctuées de cinq prolongations de leur mission.

Six mois et demi après les législatives du 26 mai, le blocage des négociations pour la formation d’un nouveau gouvernement fédéral en Belgique persiste, en raison des profondes divergences politico-communautaires entre les différents partis politiques.

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