Cinq mois après le scrutin du 26 mai, le blocage des négociations pour la formation d’un nouveau gouvernement fédéral persiste, tellement les divergences entre les principales formations politiques impliquées restent béantes.

Le Roi Philippe a dû entamer lundi un nouveau round de consultations avec les présidents de partis, après l’échec des “préformateurs” désignés à rapprocher les points de vue des socialistes francophones (PS) et des nationalistes flamands (N-VA), arrivés en tête dans leurs communautés linguistiques respectives et dont l’alliance serait nécessaire pour la constitution d’une majorité.

Contrairement aux pronostics, le Roi des Belges n’a pas acté la fin de la mission des préformateurs, Geert Bourgeois (N-VA) et Rudy Demotte (PS), venus comme prévu présenter leur rapport. Alors que ces derniers ont demandé à être déchargés de leur mission, un communiqué du Palais publié à l’issue de l’audience a indiqué que “le Roi tient sa décision en délibéré et entame des consultations”.

C’est avec les présidents du PS, Paul Magnette, et de la N-VA, Bart De Wever que ces entrevues ont débuté dès lundi après-midi, avant de se poursuivre le lendemain avec les leaders d’autres formations politiques.

Mais ce nouveau round de consultations, censé apporter davantage de clarté pour la suite, est d’ores et déjà perturbé par certaines déclarations incendiaires de chefs de partis qui se rejettent la responsabilité du blocage.

Sur un ton acerbe, le président du Mouvement Réformateur (MR) et ancien Premier ministre Charles Michel, a invité le PS et la N-VA à assumer leur responsabilité, dénonçant “une forme de faiblesse, sinon de lâcheté” de la part des deux partis, “à s’accrocher à leur programme électoral et à refuser de faire le pas intelligent vers l’autre”.

Se sentant particulièrement visé, le président du PS, Paul Magnette, a répliqué en affirmant qu’”il y a 5 ans, pour pouvoir gouverner avec la N-VA, Charles Michel a choisi de renier ses engagements”, en référence au saut d’index et à la hausse de la TVA sur l’électricité.

Convaincu que la N-VA n’est pas incontournable pour la formation de la prochaine coalition, le leader socialiste a pointé les réformes institutionnelles que réclament les nationalistes flamands et qui visent aussi bien les grandes fonctions de l’Etat que la sécurité sociale.

“Le PS a toujours été clair: nous ne voulons pas discuter du confédéralisme, de la fin de la Belgique et de la sécurité sociale”, a-t-il insisté.

Et d’ajouter que si la N-VA persiste dans ses revendications, il lui incombe de tenter de trouver une majorité pour mettre en oeuvre son programme institutionnel.

Constatant que la principale option de formation d’un gouvernement fédéral envisagée depuis les élections, à savoir allier la N-VA et le PS, “mène à une impasse”, les écologistes, écartés jusqu’ici des négociations, ont souligné qu’ils étaient “disponibles pour des solutions”.

Dans sa première sortie médiatique depuis sa nomination, la Première ministre par intérim, la libérale francophone Sophie Wilmès (MR), avait estimé samedi qu’”un gouvernement PS-N-VA reste le scénario numéro un car il n’est pas épuisé”.

“On a besoin d’un gouvernement de plein exercice pour prendre des mesures nécessaires en termes budgétaires, pour le soutien de l’économie, pour un projet de société”, avait insisté Mme Wilmès, nommée récemment en remplacement de Charles Michel, qui prendra le 1er décembre la présidence du Conseil européen.

Le 8 octobre dernier, le socialiste francophone Rudy Demotte et le nationaliste flamand Geert Bourgeois (N-VA), avaient été chargés par le Souverain d'”examiner les bases concrètes en vue de la formation d’un gouvernement fédéral autour de leurs partis respectifs, et ceci avec les quatre autres partis impliqués dans les discussions”, à savoir le MR, le CD&V, l’Open Vld et le sp.a.

Le duo avait succédé aux deux informateurs royaux, le libéral francophone Didier Reynders (MR) et le socialiste flamand Johan Vande Lanotte (sp.a), après que ces derniers eurent remis leur rapport final de quatre mois de consultations avec différents partis politiques, ponctuées de cinq prolongations de leur mission.

A l’issue de leur mission, les deux informateurs s’étaient dits convaincus qu’un terrain d’entente est encore possible entre le PS et la N-VA, premiers partis politiques dans leurs communautés linguistiques respectives.

Ils avaient souligné la nécessité de créer de la “confiance” entre les deux partis que tout sépare depuis cinq ans en les invitant à travailler “intensivement” et “très concrètement” pour établir les convergences, tout en gardant le contact avec les quatre autres partis encore en lice : le MR, le CD &V, l’Open Vld et le sp.a.

Ils avaient identifié certaines thématiques prioritaires (climat, budget, migration, etc.) pour une éventuelle “convergence” politique.

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