Les partisans de l’opposition bélarusse sont descendus dans la rue dimanche pour une nouvelle manifestation contre le président Alexandre Loukachenko, sur fond de colère suite à la mort d’un opposant qui avait été interpellé par la police.

Les forces de l’ordre ont commencé à disperser la manifestation à Minsk quasi immédiatement après son début à 12H00 (09H00 GMT) en utilisant notamment des grenades assourdissantes et du gaz lacrymogène, selon les médias locaux, qui ont diffusé des vidéos montrant des hommes cagoulés chassant un groupe de personnes sur une avenue.

Selon l’organisation bélarusse de défense des droits humains Viasna, au moins 11 personnes ont été interpellées par la police, parmi lesquelles figurent deux journalistes.

Cette manifestation fait suite à celle de vendredi, lorsque des milliers de personnes avaient protesté en hommage à un opposant décédé après son interpellation dans ce pays secoué par une vague de contestation inédite, depuis la présidentielle controversée du 9 août.

Roman Bondarenko, 31 ans, a été arrêté par la police mercredi après une altercation entre des habitants et des hommes masqués qui retiraient des rubans rouges et blancs, les couleurs de l’opposition, accrochés dans une cour d’immeuble de Minsk.

Souffrant de lésions cérébrales, il est mort le lendemain dans un hôpital, sur fond de lourds soupçons de passage à tabac lors de sa détention.

La figure de proue de l’opposition, Svetlana Tikhanovskaïa, réfugiée en Lituanie, avait appelé à rendre hommage à un “homme qui a été tué car il voulait vivre dans un pays libre”.

Le président Alexandre Loukachenko a présenté vendredi ses condoléances et ordonné une enquête “honnête et objective” sur les circonstances de la mort de Roman Bondarenko.

Depuis le début de la contestation, au moins quatre personnes sont mortes lors de manifestations ou après leur interpellation mais d’autres décès suspects laissent présager un bilan plus lourd.

Des milliers de manifestants ont par ailleurs été arrêtés depuis le début du mouvement et des dizaines d’entre eux ont dénoncé des tortures durant leur détention.

Soutenu par Moscou, Alexandre Loukachenko refuse de quitter le pouvoir et n’a évoqué que de vagues réformes constitutionnelles pour tenter de calmer la protestation.

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