L’adoption de mesures économiques pour sanctionner le régime du président bélarusse Alexandre Loukachenko en vue de faire cesser la répression sera discutée jeudi par les ministres de Affaires étrangères de l’UE, ont annoncé plusieurs responsables européens.

“L’UE est prête à imposer des sanctions supplémentaires”, avait assuré le porte-parole du chef de la diplomatie européenne après la mort d’un opposant, le peintre Roman Bondarenko, 31 ans, des suites des blessures qui lui ont été infligées après son arrestation.

L’UE a déjà sanctionné le président bélarusse, son fils et 53 membres de leur entourage, dont plusieurs ministres et chefs des forces de police jugés responsables de la répression du mouvement de contestation de l’élection présidentielle du 9 août qualifiée de “truquée” par l’UE.

Tous ont été interdits de séjour et leurs avoirs dans l’UE ont été gelés, sans que cela ait eu la moindre incidence. “Rien n’a changé sur le terrain. La répression se poursuit”, a déploré un responsable européen. “Il faut maintenir la pression et une impulsion politique est nécessaire”, a-t-il relevé.

Les Bélarusses continuent de manifester malgré la brutalité de l’action des forces de sécurité, les arrestations et les sévices infligés.

En exil à l’étranger depuis la réélection contestée du président Loukachenko en août, la cheffe de l’opposition, Svetlana Tikhanovskaïa, a plaidé mardi à Stockholm pour de nouvelles sanctions européennes contre le régime et demandé l’ouverture d’une enquête internationale sur la mort de l’opposant.

La diplomatie française, interrogée sur cette requête, a jugé “indispensable que toute la lumière soit faite par les autorités biélorusses” et que les personnes “responsables” de sa mort soient identifiées.

La France et ses partenaires européens “continueront à apporter une très ferme réponse à toute nouvelle détérioration de la situation”, a ajouté la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

Aucune mesure concrète ne sera annoncée jeudi à l’issue de la réunion des ministres, car elle se déroule en visioconférence à cause de la pandémie et a pour cette raison un caractère informel. Mais les ministres peuvent décider de prendre de nouvelles mesures et entamer la procédure en vue de leur adoption.

“La question posée est comment aller plus loin. La réflexion est en cours pour déterminer quelle sera la nature des mesures prises car nous avons différents types de sanctions. Un calibrage est nécessaire et il faut un accord politique à 27”, a expliqué un diplomate européen.

L’ajout d’entités et de nouveaux noms à la liste noire, ce qui permet de geler les avoirs de ces personnes dans l’UE, est une des mesures envisagées, a-t-on précisé de source européenne.

“Les Etats membres doivent se mettre d’accord sur les mesures à prendre. Il peut s’agir de sanctions économiques sectorielles ou de l’ajout d’entités à la liste noire. Ce sera discuté jeudi”, a expliqué un des responsables. L’unanimité des 27 est requise pour toute nouvelle sanction.

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