De multiples perquisitions ont visé mardi une vingtaine de journalistes, militants associatifs et syndicaux au Bélarus, dans le cadre d’une enquête sur le mouvement de contestation de 2020 réprimé par les autorités.

Le pays a été le théâtre des mois durant de manifestations sans précédent contre la réélection en août du président Alexandre Loukachenko, sur fond d’accusations de fraudes électorales massives.

Le régime bélarusse a répliqué avec d’importantes vagues d’interpellations, des violences policières et les arrestations ou l’exil forcé des principales figures d’opposition.

Mardi, la police a procédé à une nouvelle série de perquisitions visant 25 personnes, parmi lesquelles le président de l’Association bélarusse des journalistes, Andreï Bastounets, des responsables syndicaux et des militants associatifs, selon le centre Viasna de défense des droits humains, dont les locaux ont également été visés.

Selon le Comité d’enquête bélarusse, chargé des investigations criminelles, ces raids interviennent dans le cadre d’une affaire sur le financement et l’organisation “d’actions portant gravement atteinte à l’ordre public”.

M. Bastounets, dont le bureau a également été perquisitionné, a annoncé sur Telegram avoir été brièvement interpellé, avant d’être relâché. Il a précisé avoir été mis en garde par les enquêteurs contre une “divulgation du secret de l’enquête”.

“Ce qui se passe actuellement est une campagne massive d’intimidation des journalistes et des défenseurs des droits humains”, a déclaré à l’AFP le vice-président du centre Viasna, Valentin Stefanovitch.

Pour sa part, la cheffe de l’opposition bélarusse, Svetlana Tikhanovskaïa, réfugiée en Lituanie, a dénoncé une “crise” du gouvernement “qui essaye de réprimer même ceux qui défendent les droits humains”.

“Tous les Bélarusses sont en danger”, a-t-elle estimé sur Telegram.

Le président bélarusse Alexandre Loukachenko a affirmé la semaine dernière avoir défait un “Blitzkrieg” étranger et d’opposants contre son régime, en référence à la contestation.

De nombreux médias et ONG ont également subi la répression.

Selon l’Association bélarusse des journalistes, 477 journalistes ont été arrêtés l’année dernière dans le pays, et plusieurs d’entre eux sont visés par des enquêtes criminelles.

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