Le Parti populaire Autrichien (OVP, conservateur) de l’ancien chancelier Sebastian Kurz a de nouveau remporté la première place aux élections législatives anticipées, tenues dimanche, marquées également par le retour du parti écologique Alternative verte sur le devant de la scène politique autrichienne.

L’OVP a recueilli 38,4 pc des voix, enregistrant un score en hausse de 7 pc par rapport au scrutin législatif de 2017 et confirmant ainsi la réussite du jeune leader politique à surmonter le scandale de “la vidéo d’Ibiza” qui a mené à l’éclatement de sa coalition au pouvoir depuis 18 mois.

Parmi les résultats marquants du scrutin figure la performance du parti Alternative verte sous la présidence de Werner Kogler, qui a réalisé un score de 14 pc après avoir essuyé un revers lors des législatives de 2017 en échouant à atteindre le seuil de 4 pc nécessaire à l’entrée au Conseil national autrichien.

Le Parti de la Liberté d’Autriche (FPO) peut être considéré comme le grand perdant de ces élections en recueillant 16 pc des voix, 10 points de pourcentage de moins que son score lors du précédent scrutin législatif, en raison notamment des scandales politiques répétitifs de son ancien président, Heinz-Christian Strache.

L’autre formation politique qui a réalisé une performance décevante lors de ces élections est le Parti Social-Démocrate d’Autriche (SPO), malgré sa deuxième place du classement et 22 pc des voix recueillies, car son score, en baisse de six points de pourcentage par rapport au scrutin de 2017, l’éloigne de l’époque où il dominait la scène politique du pays.

Cette performance du SPO est la pire de son histoire au niveau national, bien que la capitale Vienne soit restée fidèle aux Socio-démocrates.

Les résultats de ces législatives anticipées laissent présager une métamorphose de la scène politique autrichienne, marquée par l’exclusion du parti FPO du devant de la scène politique en faveur d’Alternative verte, ce qui placerait les questions de l’environnement en priorité au lieu de la question migratoire.

Le leader du parti écologique a été, d’ailleurs, l’un des premiers leaders politiques à réagir dès l’annonce des résultats du scrutin, fort de la prestation de sa formation politique, en exigeant “un changement radical” de la part de Sebastian Kurz pour envisager une coalition avec son parti en vue de la formation du prochain gouvernement.

M. Kogler a ainsi souligné la nécessité de respecter les principes des “Verts”, notamment la protection de l’environnement, le respect des droits de l’Homme, la non-discrimination et l’attention aux questions sociales pour remplacer le FPO dans la prochaine coalition avec le parti de M. Kurz.

De son côté, le secrétaire général du FPO, Harald Vilimsky, a réagi aux résultats décevants du parti en affirmant que sa formation politique a besoin d’”un nouveau départ” et devait attirer de nouveaux profils à des postes de responsabilités, soulignant que la campagne de récupération des électeurs du FPO a démarré d’ores et déjà.

Le gagnant des législatives anticipées, Sebastian Kurz, a été jusque-là réticent à divulguer ses intentions d’alliances possibles pendant la campagne électorale, hormis son refus affiché de diriger une coalition avec le FPO si le membre du parti et ancien ministre de l’Intérieur, Herbert Kickl venait à y prendre part.

Selon les estimations préliminaires, le scénario probable de coalition gouvernementale devrait réunir l’OVP, Alternative verte et NEOS, ce qui devrait ramener le parti de Sebastian Kurz à sa position de centre-droit en lui conférant plus d’équilibre dans le traitement des questions climatiques et migratoires.

Cette perspective de coalition devrait être la plus réalisable pour le jeune leader politique, car les chances de raviver l’alliance avec le FPO sont minces et la perspective d’une alliance avec le SPO s’amenuise considérablement au vu des divisions internes que connait le parti de Pamela Rendy Wagner.

De longues consultations et négociations attendent l’ancien Chancelier pour former une coalition gouvernementale et atteindre un consensus politique, notamment sur les questions d’environnement, de migration et l’agenda régional et international du pays.

Le président autrichien, Alexander Van der Bellen, l’avait confirmé dans un discours télévisé prononcé dès l’annonce des résultats partiels du scrutin, en soulignant que “l’intérêt de l’Autriche doit être supérieur aux calculs des partis politiques”.

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