Le parti populaire autrichien (OVP) dirigé par le conservateur Sebastian Kurz et les Verts ont annoncé avoir scellé un accord de coalition, après plusieurs semaines de tractations.

Trois mois après les législatives du 29 septembre remportées par l’ex-chancelier Kurz, l’Autriche va expérimenter une alliance inédite entre l’ÖVP, et le parti Die Grünen, qui a enregistré une percée aux dernières élections.

Pour les Verts autrichiens, cette entrée au gouvernement est une première. Pour le chef de la droite, âgé de 33 ans, cette nouvelle alliance marque un virage à 180° après avoir gouverné avec l’extrême droite (FPÖ). L’expérience a tourné court au bout de 18 mois en raison d’un scandale de corruption impliquant la formation nationaliste.

Lors d’une conférence de presse à Vienne aux côtés de Werner Kogler, chef de file des écologistes, M. Kurz a reconnu que “les négociations n’avaient pas été faciles car les deux partis ont des orientations très différentes”.

Mais “nous sommes parvenus à réunir le meilleur des deux mondes”, a déclaré le leader de l’ÖVP, qui défend une ligne dure sur l’immigration et selon lequel, “il est possible de protéger le climat et les frontières”.

“La tâche n’a pas été facile”, a également insisté M. Kogler, 58 ans, qui va devenir vice-chancelier. Il s’est réjoui que les deux formations aient réussi “à bâtir des ponts” pour “le futur de l’Autriche”.

L’Autriche va devenir “pionnière dans la lutte contre le réchauffement climatique”, a promis le chef des Verts.

Contraint de saborder sa coalition avec le FPÖ, M. Kurz avait convoqué des élections anticipées que son parti a largement remportées (37,5%). Face à des sociaux-démocrates en perte de vitesse, et une extrême droite en baisse de 10 points dans les urnes, le chef de la droite avait le choix de se tourner vers les écologistes (quatrièmes avec 13,9% des suffrages) pour tenter de former une majorité.

La droite dominera largement la nouvelle équipe ministérielle au sein de laquelle les Verts devraient décrocher quatre portefeuilles, dont un “super ministère” de l’Environnement incluant également Transports, Energie et Technologie.

Parmi les autres portefeuilles à confier aux Verts devraient figurer la Justice, les Affaires sociales et la Culture, selon la presse. Le parti de Sebastian Kurz gardera la main sur les ministères de l’Intérieur, des Finances et des Affaires étrangères.

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