Le Maroc est intentionnellement pris pour cible par Amnesty International car son influence régionale dérange, affirme Christian Harbulot, spécialiste français en intelligence économique, qui souligne que les actions d’AI contre le Royaume s’inscrivent dans le cadre d’une vaste stratégie de déconstruction qui touche l’Europe, n’épargne pas l’Afrique et concerne le Maghreb, et dont l’ONG est le relais d’accompagnement.

«Le Maroc est un pays qui devient important. Il attise les jalousies. Sa puissance économique et politique se renforce. Il est également une puissance régionale et un pays influent dans le continent. C’est aussi un pays qui présente une particularité rare. Le Roi est à la fois un chef politique et un chef religieux. La société marocaine a des valeurs et le pays entend les défendre. Tant que le Roi sera le défenseur d’un Islam éclairé qui dialogue avec les autres religions et le garant de la préservation de valeurs culturelles et sociétales fortes, cela posera un vrai problème aux adversaires du Maroc. Pour le dire clairement : le Maroc constitue un obstacle à cette vision cynique. Plus un pays présente une certaine force, plus il faut l’affaiblir pour mieux le dominer. La meilleure manière de l’affaiblir, c’est par le biais sociétal. Les rapports d’Amnesty International entrent dans ce cadre », soutient-il dans un entretien, vendredi, au site Atlas Info.

Selon Christian Harbulot, également directeur de l’École de guerre économique, les actions menées par AI contre le Maroc s’inscrivent dans une vaste stratégie de déconstruction et qui touche l’Europe et n’épargne pas l’Afrique dont le Maghreb.

Derrière cette politique, souligne-t-il, se déploie une multitude d’ONG professionnelles qui accompagnent cette vision et interviennent, notamment, auprès des instances européennes, attirant l’attention sur le caractère « dangereux » de cette stratégie de déconstruction.

Selon cet expert, Amnesty International constitue un relais dans l’accompagnement de cette stratégie de déconstruction. Son objectif est de «contribuer à affaiblir le Maroc de l’intérieur », assure-t-il.

«Aujourd’hui, on s’attaque aux droits de l’Homme et à la protection des journalistes pour tenter de fragiliser la puissance du Maroc. Demain et peut-être plus tôt qu’on ne le pense, ce sera la défense de la cause LGBT et ses pendants. Ils savent qu’au Maroc, les milieux conservateurs réagiraient de manière virulente. Ainsi, ils gagneraient sur les deux tableaux : d’un côté, ils auront créé une fracture au sein de la société marocaine et de l’autre mettre de l’eau au moulin des groupes extrémistes. L’objectif aura été atteint. Elle est là leur stratégie : empêcher l’affirmation du modèle marocain porté par le Roi», poursuit-il.

Selon cet expert en Intelligence économique, le Maroc “pays ciblé, doit riposter », estimant qu’aller uniquement sur le terrain juridique (en intentant des actions en justice) n’est guère suffisant. Une guerre de l’information est nécessaire, estime-t-il.

“Il faut mener une guerre de l’information pour révéler ce qu’est cette stratégie de déconstruction, identifier tous les ressorts et mettre à nu tous les réseaux qui l’appuient», préconise-t-il, notant que “si cette guerre de l’information n’est pas menée, Amnesty International continuera”.

Bouton retour en haut de la page
Fermer