Face au report du retour en classe des élèves au mois de septembre prochain, “il est normal pour les enfants de ressentir de la peur ou de l’angoisse”, a affirmé dans une déclaration à la MAP le Docteur Ghizlaine Ziad, psychologue clinicienne.

Le 13 mai, le ministère de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique avait annoncé que la reprise des cours en présentiel pour tous les élèves n’aura lieu qu’au mois de septembre prochain. Cette décision, qui divise les parents, crée autant de confusion dans l’esprit des élèves et des étudiants qui soudainement, se retrouvent désemparés et incertains dans leurs perspectives.

Dans ces conditions, nous dit le Dr. Ziad, les enfants ont souvent “leur propre compréhension des choses et leur propre lecture de ce qui se passe”, raison pour laquelle il faut à tout prix en être conscients pour pouvoir les rassurer.

Pour expliquer aux enfants pourquoi ils sont à la maison et pourquoi ils ne pourront pas revenir à l’école, “il est important d’évaluer les informations dont l’enfant ou l’adolescent a besoin pour être rassuré”, explique-t-elle.

Cette approche permet de ne pas submerger l’enfant d’informations qui pourraient s’avérer anxiogènes pour lui, tout en se contentant de lui offrir les informations dont il a besoin pour être rassuré”, car “il est important que l’enfant ou l’adolescent puisse “sortir” en mots ou en dessins les scénarii catastrophes qu’il aurait en tête”.

Un enfant sera plus rassuré par un parent qui lui dit “sincèrement qu’il ne sait pas comment va évoluer la situation mais qu’elle va forcément évoluer dans le bon sens, plutôt qu’un parent qui cherche à lui donner une réponse à tout prix et va, au contraire, transmettre toutes ses angoisses”.

Aussi, il est bon de se focaliser sur les choses sur lesquelles on a du pouvoir et donc du contrôle et mettre de côté les autres, précise-t-elle.

Dans ce sens, s’éloigner et éloigner les enfants des réseaux sociaux ou du moins en limiter l’accès est primordial, affirme la psychologue, notant que ceux-ci sont devenus un déversoir à angoisses et qu’il est difficile d’y passer plusieurs heures par jour sans se faire contaminer.

Par ailleurs, dans ces moments d’incertitude, il y a quand même lieu d’expliquer aux enfants et adolescents que cette période n’est pas synonyme de vacances et de les motiver à faire des activités.

“Les stimulations intellectuelles ou de partage à proposer à l’enfant ou à l’adolescent sont ici encore à adapter selon l’âge de l’intéressé”, poursuit la spécialiste, soulignant que de “manière générale, la stimulation intellectuelle est importante pour l’équilibre psychique”.

“Si l’on manque d’idées, internet regorge de toutes sortes d’activités d’intérieur à proposer à son enfant en temps de confinement”, suggère-t-elle.

En attendant le retour aux classes, “le confinement peut être positif s’il est bien investi”, donnant, de ce fait, l’occasion aux enfants et adolescents “de gagner en autonomie et en sentiment de responsabilité”.

Pour que cet arrêt des cours et ce confinement ne soient pas vécus comme “une corvée ou une punition”, il est appréciable de faire participer l’enfant en lui demandant s’il ou elle a des idées de choses qu’il ou elle pourrait faire pour “aider” et ensuite, “décider ensemble d’un programme auquel il ou elle devra se tenir”.

Dans la même optique, ajoute le Dr Ziad, “il est essentiel que les parents s’aménagent des temps “à eux”, afin de décompresser et ainsi, ne pas céder à la frustration et la colère du fait des nombreuses sollicitations des enfants”.

Durant ces moments, “les enfants devront comprendre que, pendant une heure, Maman ou Papa ne sera pas disponible”, conclut-elle.

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