Les récentes pluies, abattues sur les différentes régions du Royaume, ont redonné vie aussi bien aux terres assoiffées qu’aux barrages, laissant présager une bonne campagne agricole qui permettra de panser les plaies de la crise de 2020. Mais gare à l’euphorie !

Qualifiée, jusqu’à l’instant, l’année de relance par excellence, 2021 démarre sous de bon auspice pour l’Agriculture qui a souffert l’année écoulée d’une double crise (la pandémie du nouveau coronavirus – covid-19 et le sévère déficit pluviométrique). Une semaine de pluie, presque non-stop, a été suffisante pour semer les graines de l’espoir dans les esprits des agriculteurs.

“Certainement les précipitations récentes auront un impact positif sur la compagne agricole actuelle. Elles permettront une nette amélioration de la production des cultures en Bour qui occupent plus de 80% des superficies cultivées, notamment celle des céréales (56%) et des arbres fruitiers (16%)”, a souligné Abdelmonaim Abourrig, professeur à l’université Ibn Zohr d’Agadir et membre de l’équipe de recherche en innovation, finance et économie des territoires

Ces précipitations contribueront aussi à améliorer les réserves du Royaume en eau, ce qui augmentera la production des cultures irriguées, qui malgré la limite de leur superficie, elles participent à 45% de la valeur ajouté agricole, a-t-il ajouté, notant que les coûts de l’élevage devrait également diminuer.

Toutefois, la réalisation d’une très bonne récolte durant l’ensemble de la campagne agricole actuelle reste tributaire de la poursuite des conditions climatiques favorables pendant les saisons hivernale et printanière, a fait valoir M. Abourik.

Et de soutenir: “Mais dans tous les cas, la production de cette année sera plus importante que celles des deux dernières campagnes, compte tenu de la généralisation des précipitations sur la majorité du territoire national et l’importance du cumul pluviométrique moyen actuel par rapport à l’an dernier”.

L’universitaire a, en outre, indiqué que l’agriculture a manifesté sa résilience à la crise du Covid-19, relevant que “le cumul pluviométrique actuel est plus important que celui des deux dernières années de sécheresses consécutives et promet une bonne campagne agricole actuelle”.

En admettant la poursuite des conditions climatiques favorables pendant les saisons hivernale et printanière, cette campagne agricole serait en mesure de réduire les effets de la crise sur le produit intérieur brut (PIB), a-t-il estimé.

Pour ce faire, cette campagne s’appuierait sur nombre de mécanismes, dont l’amélioration de la valeur ajoutée agricole, de l’activité de mise en valeur des produits agricoles et du pouvoir d’achat des citoyens qui sera possible avec la diminution des prix des produits agricole, ainsi que la création de l’emploi, malgré sa saisonnalité, et un état d’esprit favorable pour l’investissement et la consommation, a expliqué M. Abourik.

“Et si on ajoute à tous ce qui précède, l’assurance d’un cadre institutionnel sain qui motive l’investissement, l’année 2021 serait celle de la relance par excellence, avec le lancement des plans de relance comme le programme Intelaka”, a-t-il poursuivi.

Ces récentes pluies ont eu aussi un impact positif sur les barrages du Royaume. Le taux global de remplissage est passé de 36,98% au 31 décembre 2020 à 44,22% au 13 janvier 2021.

En revanche et malheureusement, ces précipitations rappellent encore une fois la nécessité de promouvoir la recherche scientifique pour aboutir à des solutions innovantes en matière de drainage, particulièrement celui urbain, en vue de gérer d’une manière optimale les eaux pluviales. Une gestion qui devrait à la fois lutter contre les inondations et tirer profit de ces eaux et ce, dans une approche écologique et durable.

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