La situation socio-économique, qui se dégrade chaque jour en Afrique du Sud, offre le terrain propice pour toutes sortes d’activés illégales. C’est notamment le cas des activités d’exploitation illégale des mines qui se sont intensifiées durant les dernières années sous le regard impuissant des autorités du pays.

Pratiquée à grande échelle sur tout le territoire sud-africain, et plus particulièrement dans la province de Gauteng (Nord-est), l’exploitation illégale des mines représente un défi majeur pour les autorités du pays qui ont fait preuve d’une incapacité avérée quand il s’agit de contrôler un secteur névralgique qui contribue à plus de 7 pc du PIB du pays.

Selon le Conseil des mines sud-africain, le secteur minier a contribué en 2018 à hauteur de 351 milliards de rands au produit intérieur brut (PIB), avec plus de 450.000 employés, dont chacun prenant en charge jusqu’à 9 membres de sa famille.

Depuis 2002, l’extraction et la possession de métaux précieux est considéré comme une activité criminelle en Afrique du Sud. Mais cela n’empêche pas des milliers de personnes de s’y adonner dans l’espoir de tomber sur des fragments d’or, de diamants ou de chrome ou encore pour ramasser des morceaux de charbon.

Selon les estimations du conseil, environ 14.000 personnes sont actuellement impliquées dans des activités minières illégales. Ces mineurs ciblent principalement des puits abandonnés, pénétrant jusqu’à 4 km sous terre, où ils passent plusieurs jours, à leur risque et péril.

Les dangers que représentent ces activités sont multiples, d’abord pour les mineurs illégaux eux-mêmes qui sont souvent assassinés dans des affrontements entre gangs armés, ensuite pour les employés et le personnel de sécurité des entreprises d’exploitation autorisées qui sont toujours sous la menace d’attaques armées.

Par ailleurs, ce fléau affecte sévèrement l’économie sud-africaine. Mais étant donné la nature même de ces activités pratiquées de manière clandestine, il est très difficile de déterminer l’impact économique exact sur l’industrie et l’économie dans son ensemble.

Un rapport publié en 2017 par le Conseil des mines estime que la valeur commerciale annuelle de l’exploitation illégale des mines et des transactions illicites de métaux précieux et de diamant s’élève à environ 7 milliards de rands.

L’impact économique très sérieux de ce phénomène est lié notamment aux pertes de ressources naturelles, de recettes fiscales, et au coût des mesures de sécurité visant à protéger les employés des gangs armés qui ciblent les sites d’extraction.

De plus, l’exploitation illégale des mines compromet gravement les perspectives du secteur minier en dissuadant les investisseurs de lancer de nouveaux projets dans un pays qui souffre déjà d’une croissance moribonde et d’une crise financière de longue date, limitant la marge de manœuvre du gouvernement pour mettre en place des mesures efficaces à même de contrer ce phénomène.

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