Des femmes africaines leaders de différents pays et horizons se sont réunies, jeudi à Marrakech, pour la construction d’une coalition mettant fin à l’inégalité des sexes en Afrique et ce, dans le cadre de la 3ème édition de la Conférence des Femmes Africaines (AWC).

Initiée par la Fondation Helpline for the Needy Abuja (Nigeria) en partenariat avec le Centre International de Diplomatie (Maroc) et en collaboration avec Echoes Africa Initiatives (New York), cette Conférence, qui se veut l’un des plus éminents rassemblements annuels d’experts, d’institutions, d’organisations non gouvernementales et d’entreprises, a pour but de définir des agendas et des options viables, à travers lesquels les acteurs de la politique africaine peuvent canaliser les diverses ressources dont disposent les femmes africaines vers le développement durable du Continent.

Cette rencontre rassemble des femmes africaines pour échanger et favoriser de nouvelles idées susceptibles d’accroître leur influence et leur productivité dans leurs différents domaines d’activités, et pour offrir aux entreprises, philanthropes et investisseurs étrangers axés sur l’Afrique une plateforme leur permettant de rencontrer et de forger des alliances avec des femmes africaines entrepreneures, décideuses, influenceuses et professionnelles pour développer leurs projets.

S’exprimant à cette occasion, la ministre de la solidarité, du développement social, de l’égalité et de la famille, Jamila El Moussali a appelé au renforcement de la coopération et de la coordination entre les différents acteurs et intervenants africains pour promouvoir les droits des femmes, valoriser leurs capacités, renforcer leurs compétences et faciliter leur inclusion dans les sphères de décision économique et politique.

L’amélioration de la situation de la femme africaine est tributaire de l’engagement de tous, en fédérant l’ensemble des actions et initiatives pour une meilleure performance et efficacité dans le domaine de l’égalité et la consolidation de la participation politique et économique des femmes, a indiqué Mme El Moussali dans une allocution lue en son nom par la représentante du ministère, Hanane Nadir, soulignant l’importance du développement du partenariat avec les institutions et les instances actives dans ce domaine aux niveaux national et international.

Elle a, ainsi, mis en avant l’engagement du Royaume en faveur de la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes et l’intégration des droits des femmes au niveau des politiques publiques et programmes de développement.

Le Maroc a réalisé des avancées notables en matière d’autonomisation sociale, économique et politique des femmes, à travers l’adoption d’une série de réformes et la consolidation de l’arsenal juridique pour garantir les droits des femmes et assurer leur dignité, s’est-elle félicitée, faisant état de l’amélioration des indicateurs socio-économiques liés à l’égalité entre les femmes et les hommes, conformément aux engagements du Royaume pour la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Elle a également jeté la lumière sur le Plan Gouvernemental pour l’Egalité (PGE) qui traduit les efforts déployés par l’Exécutif pour instaurer une politique d’égalité des genres, en accordant une importance capitale aux axes relatifs à l’autonomisation sociale et économique des femmes et à l’accès égal et équitable aux postes de prise de décision aux niveaux administratif, politique et économique, outre l’appui des différentes initiatives visant la promotion de l’égalité femmes-hommes.

De son côté, la présidente du Centre International de Diplomatie à Rabat et partenaire de la Conférence, Karima Rhanem, a indiqué que cette manifestation continentale d’envergure vise la construction d’une coalition pour mettre fin aux inégalités des sexes en Afrique, faisant observer qu’aujourd’hui, les pays africains sont appelés, plus que jamais, à conjuguer les efforts et à travailler en réseau pour développer des campagnes de plaidoyer plus efficaces afin de promouvoir l’égalité des sexes, les droits des femmes et la lutte contre tout genre de discrimination et de violence à l’égard des femmes.

“Ce rendez-vous important connaît une mobilisation non seulement de la part des femmes leaders du Continent, mais aussi des hommes qui ont vu la nécessité de se joindre à nous pour lancer une campagne continentale visant à promouvoir les questions d’égalité et de genre en Afrique”, a-t-elle soutenu.

Le Maroc a été choisi pour son engagement en faveur du développement de l’Afrique et ses différentes initiatives dans le Continent, notamment le volume des investissements, a-t-elle noté, ajoutant que cette conférence permettra de partager l’expérience marocaine en la matière et promouvoir la coopération Sud-Sud.

Cette Conférence regroupe des experts et des acteurs du monde politique et économique des différents pays africains pour discuter et débattre des questions liées à l’approche genre et à l’égalité homme-femme en Afrique, a-t-elle conclu.

Pour sa part, l’ambassadeur du Nigeria au Maroc, Baba Garba, a salué cette initiative louable visant la construction d’une coalition en faveur de la promotion des droits de la femme africaine, estimant que l’égalité des sexes est placée aujourd’hui au cœur du développement des Nations.

La question du genre doit être désormais intégrée dans les politiques publiques africaines pour faire participer la femme au développement socio-économique et politique, a-t-il insisté, appelant à s’investir davantage dans l’éducation des filles et l’autonomisation de la femme rurale.

A cette occasion, il a mis en avant l’expérience marocaine pour l’amélioration des conditions des femmes, l’instauration de la culture d’égalité et l’autonomisation économique et politique, citant l’exemple des coopératives qui jouent un rôle important dans le développement socio-économique de cette frange de la société et la valorisation des produits du terroir.

Quant à la présidente de la Fondation Helpline, Jumai Ahmadu, elle a souligné que les femmes africaines disposent de potentialités importantes et sont devenues un réel facteur et acteur de développement.

Cette conférence, qui réunit des femmes africaines de plusieurs pays, permettra de sortir avec des solutions et d’établir des partenariats solides entre différents intervenants pour le développement du Continent, a-t-elle affirmé.

Elle a aussi appelé au renforcement de l’assistance au profit des femmes africaines, à la facilitation de leur accès aux postes de responsabilité et de décision et à la lutte contre les inégalités des sexes.

Lors de ce conclave, qui se poursuivra jusqu’au 23 novembre, plusieurs hauts dignitaires et d’autres personnalités du Nigeria, du Liberia, du Ghana, du Sénégal, de la Gambie, de la Namibie, du Kenya, du Cameroun, du Tchad, du Niger, du Maroc et d’autres pays africains, dont des ministres fédéraux, épouses de gouverneurs d’Etat, propriétaires d’entreprises et des représentants d’organisations de la société civile, sont attendus.

Cette troisième édition connaît la participation d’une délégation de haut niveau du Nigeria, ainsi que des chefs d’entreprises intéressés par l’économie africaine de toute l’Afrique et de la diaspora, des hauts fonctionnaires, des femmes innovantes, des femmes parlementaires et des épouses de chefs de gouvernement.

La Conférence des Femmes Africaines a été fondée par la Fondation Helpline for the Needy Abuja, une ONG dotée du statut consultatif auprès des Nations Unies, en collaboration avec Echoes Africa Initiatives New York. Elle se veut un rassemblement annuel des femmes africaines opérant dans les secteurs formels et non formels de l’économie africaine.

L’édition inaugurale de l’AWC s’est tenue à New York à la veille de l’organisation du CSW62 des Nations Unies en mars 2018 avec la participation impressionnante de délégués, diplomates, entrepreneurs, politiciens, philanthropes, et ONGs, alors que la deuxième édition a eu lieu à Windhoek, en Namibie, du 22 au 24 novembre 2018.

Le Centre International de Diplomatie (ICD), partenaire principal de l’AWC, est une ONG marocaine créée le 2 avril 2011 dans l’objectif d’améliorer la représentativité et l’influence des acteurs non étatiques marocains sur les politiques menées par les instances internationales, ainsi que de renforcer les liens d’amitié et de coopération avec les acteurs non étatiques dans les différents pays du monde.

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