Johannesburg, 24/07/2019 (MAP)- Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a reconnu, mardi, l’échec du gouvernement dirigé depuis 1994 par le Congrès national africain (ANC) à régler les problèmes structurels dont souffre le pays.
Le gouvernement a certes tenté de fixer les problèmes hérités de l’ère de l’apartheid, mais les dysfonctionnements structurels empêchant une distribution équitable des richesses ont persisté, a dit Ramaphosa lors d’un débat à l’université de Johannesburg sur les 25 années de la démocratie au pays arc-en-ciel.
Plus de décennies après la fin du régime de la ségrégation raciale, l’Afrique du Sud pâtit toujours d’énormes déficits dont des disparités sociales, considérées parmi les plus graves au monde. La majorité noire, notamment les jeunes, continue de vivre dans l’exclusion, avec des taux de chômage et de pauvreté atteignant plus de 50 pc.
«Dès les premières années de la démocratie, nous avons été appelés à faire face à une crise économique immédiate, caractérisée par un déficit budgétaire substantiel, une dette considérable et une croissance stagnante», a rappelé le président sud-africain, ajoutant que ces défis reposaient sur une économie dont la conception et la structure étaient tout simplement incapables de satisfaire les besoins du peuple sud-africain.
L’Afrique du Sud a, certes, réussi à redresser les finances publiques et à mettre le pays sur une voie de croissance améliorée, a-t-il dit, concédant qu’au cours des 25 dernières années, le pays a moins réussi à remédier aux problèmes structurels qui affectent l’économie.
D’après lui, la croissance démographique rapide a mis davantage de pression sur le gouvernement.
Et d’ajouter que l’optimisme qui a caractérisé les premières années qui ont suivi la fin de l’apartheid s’est progressivement érodé face à la hausse de la désaffection et des désillusions.
Les pressions de l’urbanisation, le développement inégal, la course aux ressources, le chômage généralisé et la pauvreté ont contribué à augmenter les protestations des communautés et ont affaibli la cohésion sociale, a admis le chef d’Etat sud-africain, soulignant que la violence et la criminalité continuent de saper les droits des citoyens et leur sens de la sécurité personnelle.
Ramaphosa a également pointé du doigt la corruption, estimant que ce phénomène a progressivement érodé la capacité de l’Etat à répondre aux besoins de la population et a aggravé le déficit de confiance entre le gouvernement et les citoyens.

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