A Fès, comme partout au Maroc, les centres d’accueil et de prise en charge des femmes victimes de violence ont opéré, depuis leur création, un tournant majeur dans l’action des associations de défense des droits de l’homme, jouant à la fois des rôles d’écoute, d’assistance et d’autonomisation des femmes.

Ces structures ont permis aux acteurs de la société civile concernés de s’ouvrir davantage sur les difficultés et les préoccupations qui empêchent les femmes de participer efficacement au processus de développement du Royaume, tout en tentant d’y apporter les solutions adéquates.

A Fès, un saut qualitatif a été enregistré dans l’action des associations de la société civile après l’apparition des premiers centres d’écoute des femmes violentées, qui ont contribué au renforcement de la défense des droits des femmes et permis de leur rendre justice, améliorer leur position au sein de la société et partant leur garantir une vie décente.

Cette dynamique associative a amené un certain nombre d’institutions, notamment le ministère de la famille, de la solidarité, de l’égalité et du développement social, à adhérer à cet effort, à travers la création de centres d’écoute pour femmes victimes de violences, ainsi que des cellules au sein des tribunaux.

C’est dans ce cadre, qu’intervient la création du Centre multifonctionnel Batha pour l’autonomisation des femmes victimes de violence, inauguré en 2009 par SM le Roi Mohammed VI. Il est géré par l’Association ”Initiatives pour la protection des droits des femmes à Fès-IPDF”.

Le centre accueillait, à ses débuts, 200 à 300 victimes de violences, dont des femmes expulsées du domicile conjugal, des mères célibataires ou des victimes d’harcèlement au travail. Un nombre qui est passé à 1.000 personnes actuellement à la faveur des efforts consentis pour l’amélioration de ses prestations.

Le Centre multifonctionnel Batha fournit, chaque année, ses services à près de 850 femmes et ce, en fonction des ressources financières, logistiques et humaines disponibles. En 2018, le centre a réussi à garantir une insertion professionnelle à une quinzaine de femmes, tandis que 800 autres ont trouvé un emploi grâce aux compétences acquises dans cette structure.

“Nous travaillons pour fournir aux femmes des services divers conformément aux normes de l’ONU (assistance médicale, légale, psychologique…)”, a indiqué à la MAP, Amine Baha, directeur du Centre, qui s’est attardé sur les effets néfastes de la violence sur les femmes qu’ils soient sur les plans économique, psychologique ou social.

Selon M. Baha, il a été décidé d’adopter une politique de proximité consistant à aller, une fois tous les trois mois, à la rencontre des femmes dans certains quartiers et à accompagner les enfants au sein des écoles. Un total de 150 jeunes femmes et jeunes volontaires assurent le suivi psychologique, juridique et administratif des enfants ciblés.

”La mise en place de centres d’écoute intervient après un long processus ayant commencé par un numéro vert et un centre national avant l’ouverture de ces structures, en les dotant des moyens logistiques, financiers et techniques requis”, a expliqué, de son côté, Halima Zoumi, directrice du “Centre Najma pour l’écoute, l’orientation et le conseil juridique”, relevant de l’association ”Espace du développement durable”.

Mme Zoumi a souligné que ”ces centres ont vu leur rôle et leurs ressources réduits suite à la création de cellules d’écoute au sein des tribunaux”, formant le vœu que ces structures qui poursuivent toujours leur action soient dotées des moyens nécessaires pour accomplir leur mission.

L’action des centres d’écoute des femmes violentées au Maroc a été renforcée par la promulgation de la loi n°19-12 fixant les conditions de travail et d’emploi des travailleuses et travailleurs domestiques et de la loi n°103.13 sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes, rappelle-t-on.

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