Au détour des ruelles, au milieu d’avenues très fréquentées ou au cœur des ronds-points, le Street Art semble avoir trouvé en les façades de Casablanca une scène propice d’expression et de créativité, offrant au regard des passants un spectacle coloré qui enchante petits et grands.

Cet art urbain qui continue d’égayer des artères souvent maussades, de redonner vie et âme aux vieux bâtiments, et d’illuminer des recoins pâles de la ville blanche, s’invite cette fois-ci avec une touche purement marocaine, l’objectif étant de mettre en valeur la diversité culturelle et la richesse patrimoniale dont regorge le Royaume.

C’est au tour d’une façade de l’avenue Tantan au quartier El Hank de la capitale économique de savourer cette pratique artistique urbaine au goût tant spécial qu’authentique de “Tamghrabit” par le talentueux street artiste Samir Toumi, Alias Iramo, dont les œuvres se caractérisent par la subtilité de la touche tendre et chirurgicale et la brutalité urbaine de Casablanca.

Iramo a été choisi pour réaliser une fresque murale reflétant la vie qui unit les Marocains à l’issue d’une rencontre artistique en marge de la 6è édition du festival Casamouja by WeCasablanca visant à présenter “Create Next”, une initiative mondiale qui galvanise les jeunes et met en avant les créateurs visuels partout dans le monde.

En effet, à l’occasion de Casamouja, les artistes racontent l’histoire de la ville à travers ses personnages, enfants, jeunes et vieilles dames sortis de l’imagination d’artistes solos ou collectifs qui habillent désormais les murs, comme des pages de BD, made in Casablanca.

Dans un entretien accordé à la MAP, Iramo a indiqué que l’idée de la fresque murale est venue des organisateurs du festival Casamouja, en coopération avec la marque Converse, dans le cadre du projet “Create Next” qui vise à soutenir la culture au Maroc, notant que l’idée de la peinture avec une touche marocaine est l’une de ses créations personnelles.

“Ce projet artistique met en valeur la richesse patrimoniale du Maroc en présentant des exemples de la réalité vécue et d’un mode de vie simple, qui ne peut être dépourvu de couleurs, dans une fresque vivante qui se présente au public dans un espace ouvert et public”, a-t-il expliqué.

S’agissant de ses créations qui reflètent un fort attachement au Maroc des années 70 et 80, le street artiste a précisé que dans plusieurs d’entre elles, il y a des images de personnes et de lieux des premières décennies, des images relativement peu claires, ce qui leur donne une touche particulière à travers des couleurs distinctives.

Et d’ajouter que ses œuvres donnent un aperçu de l’ancien Maroc, un Maroc riche de part ses arts et industries, son architecture et son peuple. “C’est ce qui explique mon amour pour les photos de cette période”, a affirmé Iramo.

“Mon travail s’inspire de la question de l’identité et de sa relation avec l’être humain d’un point de vue objectif et formel. Je personnifie l’identité marocaine à travers l’utilisation de couleurs terreuses qui expriment la nature désertique de notre pays”, a-t-il fait valoir.

De son côté, Rami Fijjaj, le directeur artistique de Casamouja, a souligné que ce festival fait partie intégrante de la stratégie d’attractivité de Casablanca et traduit plusieurs ambitions dont la démocratisation de l’art et de la culture dans l’espace public, outre l’enjolivement des rues de la ville grâce à la créativité des artistes.

Il a, en outre, relevé que l’idée derrière la fresque murale de l’artiste Iramo est de traduire les cultures du monde, la tolérance, la différence des cultures et des populations, notant que “le choix a porté sur une touche marocaine en vue de traduire nos différences culturelles marocaines dans une fresque et de rendre hommage aux marocains, à leur fierté et à leur culture”.

Interrogé sur les raisons du choix de Samir Iramo pour réaliser cette fresque, M. Fijjaj a fait remarquer que Samir Iramo fait partie de l’ADN de Casablanca et surtout du festival casamouja, ajoutant que le choix de ce street artiste a été fait par rapport à sa tâche artistique, à son style original, ainsi qu’à son travail sur la culture marocaine et le visuel du Maroc. “C’est l’un des meilleurs street artistes au Maroc”, a-t-il noté.

Pour ce qui est de la création d’autres fresques, il a affirmé que plus de 60 fresques ont été réalisées, depuis 2016 à Casablanca, dans le cadre du festival casamouja, notant que lors de ces deux dernières années l’invitations d’artistes internationaux n’a pas été possible.

En 2021, a poursuivi M. Fijjaj, 25 fresques ont été réalisées, l’idée étant de s’ouvrir sur la région de Casablanca-Settat, de faire de Casablanca un musée à ciel ouvert et de Casamouja un festival régional qui met une vague de couleurs partout dans la région.

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