Les différents programmes de réhabilitation des bâtiments menaçant ruine ont permis de traiter depuis 2006, près de 5.000 habitats au profit de 7.000 familles résidant dans la Médina de Marrakech, a souligné, lundi dans la cité ocre, le ministre de l’Aménagement du Territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, Abdelahad Fassi Fihri.

Intervenant à la cérémonie d’ouverture de la consultation régionale de l’étude relative à la Stratégie d’Intervention de l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine et la Réhabilitation des Bâtiments Menaçant Ruine (ANRUR) à l’horizon 2030 dans la région Marrakech-Safi, M. Fassi Fihri a indiqué que le recensement effectué par le ministère de l’Intérieur en 2012 fait état de 43.743 Bâtiments Menaçant Ruine, dont 6.554 dans la région de Marrakech-Safi.

Ces bâtiments menaçant ruine dans cette région se répartissent sur 4.567 dans la Médina de Marrakech, 354 dans la Médina d’Essaouira et 433 dans la Médina de Safi, a-t-il précisé, relevant que la cité ocre a bénéficié d’une Haute Sollicitude Royale à travers des projets structurants visant la réhabilitation et la préservation du patrimoine architectural, culturel et historique et l’amélioration des conditions de vie de la population locale, la promotion de l’artisanat et du secteur touristique.

Ces projets rentrent dans le cadre de programmes mis en place en partenariat avec les différents acteurs ayant pour objectif l’amélioration des conditions de vie et d’habitat des citoyens, dont certains ont fait l’objet de conventions signées devant SM le Roi Mohammed VI.

Le ministre a souligné que son département a mené, dans une démarche anticipative et protectrice, une réflexion ayant abouti à la promulgation de la loi 94-12 relative aux bâtiments menaçant ruine et à l’organisation des opérations de rénovation urbaine, laquelle loi a comblé le vide juridique en matière d’interventions sur les constructions menaçant ruine et la rénovation urbaine et a défini les responsabilités des différents intervenants.

La Loi a également créé un établissement public (ANRUR) chargé de l’élaboration des études, stratégies, programmes urbains et projets relatifs à la rénovation urbaine et à la réhabilitation des tissus et bâtiments menaçant ruine ainsi que de la supervision de l’exécution des projets relevant des plans de rénovation urbaine, a-t-il dit.

En dépit des efforts déployés, le paysage urbain des villes a subi une dégradation caractérisée par l’augmentation du nombre de Bâtiments Menaçant Ruine (notamment dans les médinas), qui représentent une menace sur la vie des citoyens et influent négativement sur la valeur du tissu urbain national en tant que trésor matériel et patrimoine immatériel, a insisté le ministre.

Cette réalité, poursuit-il, exige la fédération des efforts pour effectuer un diagnostic et mettre en place un plan d’action et une stratégie efficace basée sur les expériences pilotes et réussies, tout en adoptant une vision proactive de nature à contribuer à la mise en œuvre de la stratégie de l’ANRUR et améliorer la paysage architectural et civilisationnel en application des Hautes instructions de SM le Roi Mohammed VI, qui ne cesse d’accorder une grande attention au patrimoine architectural et urbanistique du Royaume.

A rappeler que l’étude relative à la Stratégie d’Intervention de l’ANRUR à l’horizon 2030 a comme objectifs spécifiques de proposer une vision stratégique intégrée d’intervention de l’Agence et sa déclinaison en axes stratégiques, en déterminant la démarche de construction de cette vision et en impliquant l’ensemble des acteurs concernés, d’identifier le positionnement du rôle de l’Agence à l’intérieur d’un système d’acteurs œuvrant dans le domaine de la rénovation urbaine et la réhabilitation des bâtiments menaçant ruine.

Il s’agit aussi d’identifier les mesures d’accompagnement à entreprendre afin d’atteindre les objectifs requis notamment des mesures pour améliorer le cadre institutionnel, social, juridique, financier, partenariat et de coopération, communication, formation, établir un plan d’action et une feuille de route pour la mise en œuvre de cette stratégie, proposer les grandes orientations d’un plan de communication de l’Agence, le mode de gouvernance approprié et des mécanismes de suivi et d’évaluation de mise en œuvre de la stratégie à travers un ensemble d’indicateurs proposés.

La première phase de cette étude relative à “l’état des lieux et diagnostic général” est au centre de ces consultations territoriales dans les 12 régions du Royaume, afin d’impliquer les acteurs locaux, les représentants des départements ministériels concernés, la société civile et les personnes ressources dans la construction de cette stratégie et de débattre des questions relatives à la rénovation urbaine et à la problématique des bâtiments menaçant ruine.

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